Dialogue Clichois : blog des militants et élus communistes de Clichy la Garenne

lundi 16 novembre 2009

Sommet mondial sur la sécurité alimentaire : bâtir un nouvel ordre alimentaire mondial, par Xavier COMPAIN, Responsable Agriculture PCF

Réussir la souveraineté alimentaire pour nourrir la planète est l’exigence que portent la société civile et le mouvement paysan international à la veille du sommet mondial de la FAO.
Le PCF soutient cette exigence et invite les Chefs d’États et de Gouvernement à la placer au centre de la déclaration qui sera adoptée à l’issue de ce Sommet. Lors du précédent sommet, en 1996, la communauté internationale s’était engagée à diviser par deux le nombre d’affamés d’ici 2015, « premier objectif du millénaire pour le développement ». Aujourd’hui comme hier, ces engagements ne sont pas atteints à cause des égoïsmes nationaux et régionaux, de la marchandisation libérale de l’alimentation et des ressources agricoles...
De plus la situation se dégrade avec plus d’un milliard d’êtres humains dans le monde qui souffre de famine et de malnutrition, un enfant de moins de 10 ans qui meurt toutes les cinq secondes. Or, la population mondiale va atteindre les 9 milliards d’habitants en 2050 qu’il faudra nourrir ! Prendre à la légère ce défi serait irresponsable et criminel.
A contrario des objectifs de l’OMC, il faut extirper l’agriculture des mains du capitalisme afin qu’elle réponde en priorité à des demandes alimentaires locales, nationales, régionales et mondiales.
Les grandes régions du monde doivent pouvoir définir et organiser leur politique agricole et de la pêche en construisant leurs échanges par des coopérations dans le cadre d’une nouvelle gouvernance mondiale pour l’alimentation.
Celle-ci doit s’imposer aux logiques actuelles de l’OMC, du FMI et de la Banque Mondiale. La Souveraineté des peuples et l’expression démocratique de chacun en sont les préalables. Libérée de toute tutelle impérialiste au sein des Nations Unies, la FAO, dotée de moyens, peut être l’institution arbitrale des politiques publiques agricoles et alimentaires.
A l’occasion de ce sommet sur la sécurité alimentaire, le PCF met à contribution des mesures concrètes pour bâtir un nouvel ordre alimentaire mondial :

  • Instaurer une clause de sauvegarde internationale lorsque les terres d’un pays sont menacées de spéculation et de détournement de la production ;
  • Interdire la spéculation sur les matières premières agricoles et alimentaires, au niveau international comme en France ;
  • Taxer les importations abusives pillant les agricultures locales afin de financer la relocalisation des productions.

Dans la convergence avec les mouvements sociaux et paysans, le PCF est déterminé à agir pour la conquête d’un nouvel ordre alimentaire mondial pour nourrir la planète.

Les retraites ne sont pas une marchandise, par Jean-Marie Harribey, économiste et co-président d’ATTAC

D’une part, la pression monte du côté du Medef pour que « saute enfin le tabou de l’âge de la retraite à 60 ans ». D’autre part, le Conseil d’orientation des retraites (COR) prépare un rapport au gouvernement dont les éléments commencent à être connus. Il s’agirait de franchir un pas supplémentaire dans le démantèlement du système de retraites collectif par la méthode douce ou la méthode forte.
La première consisterait à faire fonctionner le système par points. Déjà en vigueur dans les régimes complémentaires du privé (Arcco et Agirc), le principe est d’accumuler tout au long de la vie active des points dont il suffit de fixer la valeur. Est ainsi introduite une certaine correspondance entre la contribution personnelle du salarié pendant sa vie active et ce qu’il percevra ensuite en tant que retraité.
Le taux de remplacement n’est plus garanti et l’ajustement se fait par la baisse de la valeur du point. Un rapprochement est opéré avec la capitalisation puisque les salariés sont dans la situation d’acheter des points comme s’ils achetaient des actifs financiers.
Toutefois, une ressemblance existe entre un système par points et par annuités car ni l’un ni l’autre ne dépendent de l’âge de départ à la retraite, mais de la durée de cotisation.
La méthode forte introduirait un système par comptes individuels « notionnels » – c’est-à-dire virtuels car il n’y a pas d’achat de titres – alimentés chaque année d’un intérêt variable selon l’évolution de l’économie et de la démographie. On introduit ainsi le principe de la neutralité actuarielle : l’âge de départ à la retraite doit être neutre en termes de sommes perçues pendant tout le temps de retraite. Que je parte à la retraite à 60 ans, à 65 ans ou plus, la somme globale que je recevrai jusqu’à ma mort sera égale, mais, si je pars tôt, elle sera répartie sur une durée plus longue et pour un montant mensuel plus faible, compte tenu de mon espérance de vie à cet âge.
Ce principe est pervers malgré l’apparence de justice tenant à la prise en compte de l’espérance de vie. En effet, les femmes, qui ont une espérance de vie un peu plus longue que les hommes mais qui connaissent des carrières souvent discontinues et précaires, auront des pensions encore plus faibles qu’aujourd’hui.
D’autre part, en faisant de l’âge de départ à la retraite le pivot principal du montant de la pension, on obligera les travailleurs effectuant des travaux pénibles et peu payés à travailler encore plus longtemps, pratiquement jusqu’à ce que mort s’ensuive. Travailler plus pour mourir plus tôt. Ce projet veut faire du départ à la retraite une question de choix purement individuel, totalement abstrait des normes sociales du moment et du résultat des combats collectifs passés.
C’est exprimé de manière crue dans des études sollicitées par le COR. On y lit qu’il faut rapprocher le plus possible les sommes perçues pendant la retraite et les cotisations personnelles versées pendant le temps d’activité. C’en est donc fini de la solidarité entre les générations et de celle, même si elle faible, entre les groupes sociaux. (…) Comme le taux de cotisation n’augmenterait plus, il est postulé que, au mieux, la masse des retraites augmentera au rythme de la masse salariale, ce qui équivaut à ne considérer le problème de la répartition des revenus qu’au sein de la masse salariale, excluant donc tout appel à contribution supplémentaire des profits.

Article paru sur le site de Politis : http://www.politis.fr/