Il faut savoir que, désormais, 60 % des séjours en établissement de soins pour un motif chirurgical ont lieu dans le privé ! Dans le même temps, la mutation amorcée du statut des hôpitaux public, leur regroupement avec les hôpitaux privés à but non lucratif et avec les cliniques privées sous l’appellation d’établissements de santé, tendant, selon les mots du professeur Grimaldi, à « une vente à la découpe des missions de service public ».
Ce système de santé français a longtemps été considéré comme le meilleur au monde. Est-ce toujours le cas ? Pas sûr. On compte désormais en France dans les hôpitaux de court séjour un chiffre moyen de 0,58 infirmière par lit contre 0,77 en Allemagne, 1,39 en Suisse. La France est désormais au quatrième rang mondial pour le nombre de lits par milliers d’habitants derrière le Japon, l’Allemagne et la Belgique.
Les 4 000 suppressions de postes annoncées dans les hôpitaux de Paris
sont un massacre à
la tronçonneuse mais
le processus est en œuvre depuis longtemps. La Sécurité sociale remboursait, en 1980, 76,5 % des dépenses
de santé : c’est 73,9 % aujourd’hui. Les soins courants ne sont plus remboursés qu’à 55 % en moyenne.
Cette situation recouvre en même temps de lourdes inégalités. L’espérance de vie des ouvriers dans notre pays est inférieure de sept ans à celle des cadres. Nicolas Sarkozy, voici quelques jours, est allé rejouer à Davos son numéro de régulateur
du capitalisme.
Mais toute sa politique, toute la politique de la droite, vise à remettre au capital tout ce qui lui échappe encore dans la société, jusqu’au sang, comme on l’a vu hier avec une proposition de loi autorisant les banques privées. L’hôpital public, la santé sont des offrandes de choix. Le veau d’or est debout comme jamais.
La France Sarko-UMP est à contre-courant. Elle tourne le dos au progrès, et quand le chef de l’État vante son modèle social, c’est pour mieux le manger.
Au moment même où les États-Unis – quoi qu’il en soit des déceptions concernant Barack Obama – débattent tant bien que mal d’une couverture universelle, alors que la Chine y songe, ce sont les dogmes et les appétits libéraux qui guident toujours la plupart des pays riches dont la France. Et elle n’est pas la dernière.
Il y a de la frénésie et de la fureur marchande chez cette droite qu’il faut mettre à la raison. Les paroles n’y suffiront pas.
Le bulletin de vote peut y contribuer s’il permet d’ancrer toujours plus les régions à gauche.
(source l'Humanité)
Et ce « meilleur » taux d’emploi des jeunes femmes dans les quartiers populaires sert aujourd’hui, au gouvernement, à pointer du doigt les jeunes hommes. On sous-entend ainsi leur potentiel supérieur à la « glandouille », et très facilement on sous entend leur propension plus facile à la déviance, donc à la délinquance.
Les jeunes privés d’emploi des quartiers seraient ainsi, quasiment tous des délinquants, ou comment le capitalisme trouve encore une nouvelle utilité à l’opposition des genres… On voit bien, derrière ce raisonnement, les ravages de cette précarité qui n’est plus seulement une « nécessité » du capitalisme pour garantir ses taux de profits, mais aussi un outil pour mieux humilier et diviser.
C’est comme cela que se justifie le redressement moral des « jeunes à capuche » par la vidéo surveillance et les compagnies mobiles de sécurité dans les lycées…
Les jeunes sont plus durement touchés par le chômage, par la baisse du pouvoir d’achat, par la pénurie de logements sociaux, par l’accès aux soins… par tout ce qui amène à vivre dans la précarité.
Les jeunes sont mis en marge, systématiquement stigmatisés, notamment lorsqu’ils vivent en banlieue, dans les quartiers populaires. Comme le dit, dans l’Humanité du mardi 19 janvier, Jean-Philippe Revel de la CGT, « les jeunes vivent au jour le jour. Ils ne craignent pas l’avenir, ils n’en ont pas ! »
Alors qu’ils sont l’avenir de toute société, et qu’ils devraient de ce fait être soutenus, valorisés dans leur généralité, dans leurs différences; en France ils sont au contraire mis à mal par le pouvoir en place qui brade l’éducation du secondaire au supérieur, qui fait passer des lois sur le logement de plus en plus contraignantes ne permettant pas aux jeunes d’avoir accès à un logement digne…
Le Mouvement Jeunes Communistes est de toutes les batailles, de tous les combats, lorsqu’il s’agit de dénoncer la précarité des jeunes, de dénoncer l’inégalité des femmes et des hommes. Mais dénoncer ne suffit jamais.
L’offensive lancée par l’UMP dès 2003 pour refonder le système français de formation est apparue comme le seul désengagement de l’État. Mais… comme pour les hôpitaux, les musées, et tant d’autres services publics, les gouvernements successifs ne se sont pas contentés de supprimer des postes, ils ont largement remanié les statuts et les missions des personnels, des lycées, des universités…
L’objectif final dépasse l’idée d’alléger les finances publiques. S’attaquer aux diplômes, aux contenus des formations, à la recherche, c’est modifier en profondeur et pour longtemps le monde du travail.
La disparition des diplômes au profit des livrets de compétences individualisés rendra chacun isolé face à l’employeur, dans l’incapacité de faire valoir la reconnaissance d’une formation reçue collectivement. L’appropriation des savoirs, de la recherche universitaire par le privé, permet de définir pour les seuls intérêts des actionnaires, les stratégies de développement économique et des territoires sur le long terme.
Pour relever la tête et refuser d’être « la génération sacrifiée » comme on nous présente déjà, nous affirmons la volonté d’être une jeunesse citoyenne et solidaire.
Les jeunes communistes portent la notion d’égalité- ixité, revendication à vivre ensemble dans le respect, dans la perpétuelle découverte de l’Autre.
Mais qu’il y ait aussi, pour tous, les moyens de découvrir et de partager nos différences, et c’est avec ces différences, en les acceptant, en les partageant, que nous construirons, ensemble, hommes et femmes, la région de demain.
Pendant la campagne des régionales, en mettant en avant nos batailles pour changer en priorité l’emploi, la formation et les transports pour changer la vie des jeunes, nous voulons construire de nouveaux droits qui sortent nos vies des logiques du capitalisme.
Par un système d’allocations qui sécurisent l’insertion professionnelle, par l’éradication des emplois précaires, par le droit de pouvoir choisir des formations de qualité et de maîtriser nos parcours de vie, par des transports publics gratuits pour les jeunes, nous voulons remettre la réponse aux besoins de chacun comme première perspective des politiques.
Nous pourrons interpeller ainsi directement sur les compétences des régions et permettre de voir au-delà. Les retraites, le million de chômeurs en fin de droits, l’exigence de solidarités et de liens entre les territoires, les besoins spécifiques des lieux de vie, seront autant d’occasion d’interpeller sur la finalité de nos activités : le travail, les formations, les services publics… C’est un sursaut vital pour les jeunes et pour l’ensemble du pays que l’UMP veut aujourd’hui fracturer.
Nicolas Bescond , coordinateur national du MJCF et Céline Mazeau, membre du conseil national du MJCF