Dialogue Clichois : blog des militants et élus communistes de Clichy la Garenne

vendredi 5 février 2010

Les communistes espagnols mobilisent contre le report à 67 ans de l'age de la retraite voulu par Zapatero

Communiqué du Parti Communiste Espagnol

Le PCE va préparer une grande campagne de mobilisation pour mettre en échec cette remise en cause scandaleuse des droits des travailleurs.
Le Parti Communiste d’Espagne se prononce contre l’augmentation de deux ans de l’âge de départ à la retraite adoptée aujourd’hui en Conseil des Ministres. Le document servira de base au débat ultérieur avec les partenaires sociaux, au sein de la Commission du Pacte de Tolède (1) ainsi qu’au Congrès des Députés, où il peut encore être sujet à des modifications. Le Parti Communiste d’Espagne considère que la mesure n’est absolument pas nécessaire et totalement disproportionnée.
Pour le PCE, le gouvernement a sans doute pensé que le mouvement ouvrier était faible et que les travailleurs et les travailleurs avec l’épée de Damoclès du chômage sur la tête ne se mobiliseraient pas contre la remise en cause des droits sociaux qu’on leur impose.
Selon José Luis Centella, Secrétaire Général du PCE, « Ils se trompent lourdement, les mobilisations réalisées lors des derniers mois et qui ont convergé nationalement le 12 décembre dernier à Madrid ne sont qu’un début. »
Selon les communistes, augmenter l’âge de départ à la retraite sous prétexte qu’il n’y aurait pas d’argent pour les retraites, tandis que dans les dernières années on a réduit les impôts et les cotisations pour le patronat et le capital, c’est mettre le fardeau de la crise sur les épaules des travailleurs en leur faisant payer les conséquences de l’échec de la gestion capitaliste. Cette mesure n’a aucun sens, au moment où les syndicats demandent la réduction de l’âge de départ à la retraite dans des secteurs comme la construction, le gouvernement de Zapatero présente une proposition qui constitue une véritable remise en cause des droits des travailleurs.
Selon le PCE, le PSOE s’éloigne avec cette mesure proposée par la Ministre de l’Economie, Elena Salgado, un peu plus des travailleurs et des travailleuses, peut-être parce que ceux qui prennent ces décisions ne sont pas sensibles à la situation des milliers et des milliers de travailleurs des services, de l’industrie, de la construction ou de l’agriculture, qui vivent avec des salaires très bas, des contrats précaires et des journées de travail dépassant le temps de travail légal, sans contre-partie.

Le Parti Communiste d’Espagne s’oppose fermement à cette mesure, et organisera une grande campagne de mobilisation pour mettre en échec cette remise en cause scandaleuse des droits des travailleurs.

(1) Le « Pacte de Tolède » adopté en 1995 par le gouvernement socialiste de Felipe Gonzalez, avec la bienveillance du syndicat UGT, a entériné une série de mesures qui sous prétexte de ’sauver’ le système par répartition, a en réalité fortement entamé ses fondements : des pans entiers de la protection sociale confiés à l’impôt (santé, services sociaux), création de fonds de réserve, casse des régimes spéciaux, départ à la retraite à 65 ans, introduction de la retraite par capitalisation, indexation des pensions sur les prix etc. Une commission non permanente a été créée alors pour garantir la mise en oeuvre de ces réformes et aller plus loin dans cette direction.

La retraite à 60 ans : un droit à défendre, par P. Le Hyaric (PCF)

Le transfert des richesses produites par le travail vers le capital est de plus de dix points depuis les années 1990. Si les revenus financiers participaient à la même hauteur que les revenus du travail au financement de la protection sociale et des retraites, nous n’aurions pas les déficits actuels dans les caisses. Il y a un lien entre l’augmentation nécessaire des rémunérations du travail et l’amélioration des retraites.
Ajoutons qu’avec une véritable politique du plein emploi au lieu des cinq millions de chômeurs réels actuels, nous aurions plus de financement pour les caisses de retraite. Dire aujourd’hui qu’on ne pourra pas payer les retraites demain laisse entendre que l’on va continuer à laisser accaparer les fruits du travail par les sangsues du capital, au lieu de donner la part qui doit leur revenir aux retraités.
Si dans les quarante années qui viennent, le taux de progression des richesses augmente seulement au rythme de 1,7%, la richesse doublera. Elle passera donc de 1700 milliards d’euros actuellement à environ 3400 milliards d’euros. Le coût de l’augmentation des retraites serait d’un peu plus de 200 milliards d’euros. De l’argent il y’en a. Il y’en aura. Mais cela exige de changer radicalement d’orientation politique et économique.
D’ailleurs le conseil d’orientation des retraites avaient retenu plusieurs pistes d’avenir dont l’une ne prévoyait ni une baisse du niveau des retraites, ni une baisse du niveau de celle-ci. Le contraire de ce que vient de dire le Premier ministre la semaine dernière qui lui veut le recul de l’âge de la retraite et une augmentation des cotisations des travailleurs.
Il ne faut pas laisser faire.
Défendons le droit à la retraite à 60 ans sans diminution des pensions. Au contraire, c’est l’augmentation des pensions qu’il faut obtenir tout de suite.
P. Le Hyaric