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Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, a estimé lundi devant le Conseil national du Parti réuni à huis clos, que les conditions n'étaient aujourd'hui "pas réunies" pour que des communistes entrent au gouvernement.
La décision finale sera soumise au vote mercredi.
Certes Sarkozy a été viré et la gauche est devenue majoritaire à l'Assemblée.
Mais le PCF et le Front de gauche ont été victimes de la présidentialisation de la vie politique et d'un mode de scrutin particulièrement injuste qui les prive d'une juste représentation à l'Assemblée.
Trop de citoyens ont considéré à tort que l'élection Présidentielle était la seule qui comptait. La fin de l'élection au suffrage universel d'un Président au pouvoir exorbitant doit devenir une exigence de tous les démocrates soucieux d'en finir avec cette archaïsme que constitue ce système de monarchie élective.
Cela doit même être au cœur des réformes institutionnelles à mettre en avant pour construire une 6em République.
De même seule, l'instillation d'une dose de proportionnelle peut permettre une plus juste représentation de la souveraineté populaire et donc peut faire vivre le pluralisme.
Pour les législatives, les candidats du PCF et le Front de gauche gagnent des voix sur le précédent scrutin de 2007 : si les résultats en sièges sont mauvais, il n' y pour autant nulle trace de déroute, comme les médias tentent de le faire croire.
Rappelons toutefois qu' aux cantonales, la direction du PCF estimait à près de 10% le score des candidats du Front de gauche.
Aux Présidentielles Mélenchon à fait 11 % , mais au premier tour les candidats FDG n'ont réuni que 7% des suffrages: à l'évidence des électeurs de Mélenchon se sont réfugiés cette fois dans l'abstention ou sont retournés au vote socialiste.
Force est de constater que les candidats FDG ont été insuffisamment perçus comme porteurs des propositions indispensables à la réussite du changement.
A. Chassaigne y voit un manque certain de "lisibilité" des options portées par le FDG..
On peut également s'interroger : la campagne du FDG pour la Présidentielle et les législatives a -t elle suffisamment porter sur les moyens financiers absolument nécessaires pour enclencher un véritable changement ?
Sans ignorer un certains nombre d'acquis des campagnes menées, les buts affichés par la direction du PCF au début de la séquence électorale n'ont pas été atteints : l'abstention aux législatives a battu des records, le Front national est toujours aussi haut et loin de gagner les nombreux sièges escomptés, le PCF ne compte désormais que 7 élus.
Il s'agit des camarades : A. Chassaigne, M.G Buffet, A. Bocquet, J.J. Candelier, G. Chéroux, N. Sansu et P. Carvalho.
Ainsi, l'Ile de France ne compte plus qu'un seul député du PCF : M.G. Buffet. Les autres élus Front de gauche sont M. Dolez. (PG) et F. Asensi et J. Fraysse (Fase).
Il faudra le moment venu s'interroger très sérieusement sur les limites et le bienfondé de la stratégie actuelle de la direction du PCF - une conception étriquée du Front de gauche s'accompagnant dans les faits d'un effacement du PCF.
On ne combat pas l'extrême droite fascisante et on ne dépasse pas le capitalisme sans mettre en branle un rassemblement majoritaire s'adressant à l'ensemble du Peuple de France.
A gauche, le Parti socialiste parvient à son objectif et dispose à lui tout seul d'une majorité absolue.
Le Front de gauche, on l'a vu, aura moins de députés malgré un gain en nombre de voix et en pourcentage.
Cette faible représentation constitue un sérieux handicap pour la réussite du changement.
D'autant plus que le MEDEF et la Finance reste mobilisés pour empêcher toute remise en cause du système en France et en Europe. La droite, désormais devenue poreuse aux idées nauséabondes du FN , reste forte. Dans notre circonscription, Balkany a été réélu.
Le Gouvernement Ayrault reste scotché sur les propositions du programme de Hollande, bien insuffisantes pour sortir le pays de la crise.
Déjà F. Hollande appelle les Grecs a approuver l'austérité qui leur est imposée par Merkel et les marchés financiers.
Il n'entend reprendre aucune proposition du PCF et du FDG.
"Nous ne nous reconnaissons pas dans une conception présidentialiste du gouvernement qui réduirait sa feuille de route au programme de premier tour du président" alors que François Hollande a été élu "grâce notamment aux 4 millions de voix du Front de gauche", souligne Pierre Laurent.
Dans ces conditions, les communistes estiment à juste titre que les conditions ne sont pas réunies pour leur participation à ce gouvernement.