Certaines des mesures préconisées vont sans doute dans le bon sens, mais poussées à l’extrême elles se traduiraient par un ensemble d’interdits qui ne peuvent qu’inquiéter : interdit d’augmenter les surfaces des logements, alors que les tendances actuelles sont dues en grande partie à la multiplication des familles monoparentales et au vieillissement de la population ; interdits sur l’alimentation ; interdits sur l’habitat individuel, etc.
Les difficultés engendrées par les très fortes variations de la puissance fournie par les éoliennes et le solaire – pudiquement rebaptisées « fluctuations » - sont très largement sous-estimées ; et la solution proposée, consistant à utiliser les pics de production pour produire de l’hydrogène par électrolyse, est elle aussi irréaliste.
L’appel massif au méthane, de préférence aux biocarburants pour la mobilité et à l’électricité pour les usages fixes, repose sur des données biaisées, notamment sur les rendements des opérations, dont celles liées à la méthanation (production d’hydrogène, collecte du gaz carbonique, transformation en méthane et stockage de ces gaz).
Ceci conduit à s’interroger sur les conséquences d’un échec plus que probable de la démarche proposée : le gaz naturel, en remplacement du méthane synthétique, serait alors la seule voie possible avec, en contre partie, une dépendance accrue vis-à-vis des pays producteurs et, encore plus grave, une augmentation des rejets de CO2.
Il faut enfin noter que de façon générale toute considération financière est omise de l’analyse Négawatt. Une utopie dont le surcoût par rapport à une politique telle que préconisée par notre scénario Négatep serait de l’ordre de 1 000 milliards €, soit plus de 25 milliard €/an ; mais ceci ne doit pas nous surprendre, quand nous voyons déjà se dessiner les surcoûts de l’éolien et du solaire photovoltaïque, pour répondre aux seuls objectifs du Grenelle de l’environnement.
Qu’attendre d’un tel scénario, qui fourmille d’approximations et d’inexactitudes: un futur qui,contrairement à ce qui est affirmé, reposera massivement sur l’usage du gaz naturel et une dépendance énergétique, un coût élevé de l’énergie, une compétitivité économique de la France sacrifiée et, plus singulièrement encore, un échec de la lutte contre le changement climatique.