Il faut en effet en être conscient : avec cette règle d’or dans la constitution, que demain, le Gouvernement soit de Droite ou de Gauche, il serait obligé de faire la même politique de soumission aux marchés financiers….
Cette règle d’or remettrait en cause par là même les droits démocratiques, et en premier lieu, le droit des Français de pouvoir choisir quelle politique économique et sociale, quelle rupture avec la politique actuelle ils souhaitent. Cette proposition est une agression contre la démocratie, car les politiques économiques seraient ainsi totalement soustraites au débat politique et à la décision.
L'Union européenne et les gouvernements utilisent les dettes publiques pour imposer aux peuples d’Europe une véritable purge sociale. Alors que les banques et autres opérateurs financiers n’en finissent pas de spéculer sur les dettes publiques, il faudrait que ce soit les populations qui payent une crise dont les marchés financiers sont les premiers responsables et uniques bénéficiaires ! C’est inadmissible : Non à la soumission aux marchés financiers ! Les peuples ne doivent pas payer leur crise !
En France, selon la Cour des comptes, pour les deux tiers, la dette résulte des cadeaux fiscaux faits aux entreprises et du manque à gagner dans les caisses de l’État.
La droite a pour dogme qu’il n’y a pas d’autres solutions pour résorber les déficits que de réduire drastiquement les dépenses, faisant fi des alternatives comme de celles de faire payer les revenus du capital au même niveau que ceux du travail, d’en finir avec les cadeaux aux grandes entreprises qui assèchent les recettes de l’Etat, ou encore de nationaliser le système bancaire pour que l’argent serve à développer l’emploi, de réorienter la BCE et l’euro pour les mettre au service du développement des services publics.
Le PCF propose de dégager les Etats des griffes des marchés financiers et des spéculateurs afin que dans les pays d ’Europe, la BCE puisse financer la croissance et l’emploi à travers un Fonds social et solidaire pour le développement européen, alimentée par la BCE.. Ce Fonds serait chargé de les répartir les aides financières, démocratiquement, entre chaque pays, selon leurs besoins respectifs, dans le but, expressément, de développer leurs services publics et leur potentiel de croissance sociale nouvelle.
Tous les partis de droite approuvent la règle d’or de Sakozy-Merkel-Zapatero, Borloo bien sûr, mais aussi le MODEM de Bayrou, et en Europe tous les partis socialistes ( Allemagne, Italie, Espagne, Grèce, Portugal…) s’y rallient avec enthousiasme.
En France , le PS hésite encore. La pression populaire doit être très forte pour empêcher le PS et les autres forces de gauche de s’y rallier à leur tour.
Déjà les éléments les plus droitiers du PS , Valls, DSK y sont favorables.
Hollande semble surtout reprocher à Sarkozy… d’attendre 2013 pour faire entrer en vigueur sa règle d'or.
Aubry n’est pas plus claire. Chez EELV, Cohn-Bendit s’y déclare favorable… Laurence Vichnievsky, porte-parole d’Europe Ecologie-Les Verts, estime que «la réduction de la dette nous oblige à revoir notre projet», qualifiant de «lubie» le retour à la retraite à 60 ans .
Signe inquiétant : le Parti Socialiste, Europe Écologie-Les Verts ont refusé de signer un appel commun du mouvement social ( Fondation Copernic, ATTAC etc.) contre cette règle d’or, lancé par le site Médiapart.
A l’inverse, les composantes du Front de gauche, PCF, GU et Parti de gauche, sont toutes mobilisées contre l’adoption de cette «?règle d’or?». Le NPA y est également hostile.
Chez les syndicats, la CGT s‘y déclare catégoriquement opposée. Idem du côté de Solidaire.
Mais la gauche devra tenir bon, tant la pression sera forte à droite.Sinon, elle se renierait.