Le vote à l’Assemblée aura lieu dès ?le 9?octobre et au Sénat dans la foulée. ?Le débat parlementaire sera-t-il néanmoins l’occasion d’avancées??
Pierre Laurent. Ce débat, grâce à la manifestation, se déroulera en pleine lumière et donnera à voir l’absence de consensus à gauche autour de ce traité et la forte exigence de rupture avec ses logiques.
Nous devions être seuls à voter contre mais aujourd’hui, après la décision des écologistes et de certains députés socialistes – malgré les rappels à l’ordre du gouvernement –, le front contre ce traité d’austérité s’élargit au Parlement comme dans le pays.
C’est une bataille en plein développement. Le 30?septembre est une étape décisive mais n’est qu’une étape. Au Parlement, elle se poursuivra avec la loi organique et le budget 2013.
Le traité sera vraisemblablement ratifié, ?cela signera-t-il la fin de la mobilisation unitaire engagée??
Pierre Laurent. Non, nous engageons une bataille dans la durée. Nous amplifierons, en même temps et à la suite du débat parlementaire, la bataille pour un référendum. Car l’exigence démocratique de consultation des Français s’est renforcée considérablement au fil de la publicité donnée à ce débat.
De plus, nous construisons un front uni, large, durable contre les logiques d’austérité et pour des politiques de relance alternatives.
La contrainte de ramener dès 2013 les déficits à 3?% du PIB, par exemple, est de plus en plus contestée, y compris dans des cercles proches du gouvernement ou européens.
De même, les élus locaux sont en train de comprendre que les normes qu’imposerait le traité pèseraient négativement contre l’investissement public de leur collectivité.
Nous sommes à l’aube de la constitution de ces fronts contre l’austérité qui se déploieront dans les semaines et les mois à venir.