Nous avons vu comment il avait manipulé Sarkozy, incapable de s’y opposer par raison de classe et d’approvisionnement bon marché pour les entreprises utilisatrices d’aciers, qui se ravitaillaient en laminés à bon marché grâce aux productions délocalisées.
Ici, les travailleurs de Florange ont vu le coup arrivé, et ils se sont mis en lutte dans l’unité, ce qui n’avait pas toujours été le cas ( n’oublions pas que les plans aciers de 79 et de 84 qui ont touché particulièrement la Lorraine et l’ont affaibli ont été signé par les organisations syndicales réformistes).
Alors tant mieux si aujourd’hui les organisations syndicales défendent mordicus leur usine de Florange dans toute son entité avec la filière liquide et la filière laminage et transformation.
Je dis bricolage si la filière fonte est cédée, même au franc symbolique, et qu’elle soit distinguée de la filière transformation en produits finis pour les industries de la métallurgie que garderait le sinistre Mittal.
On parle d’un repreneur ; quel repreneur s’aventurera dans ces hauts-fourneaux à l’arrêt depuis plus d’un an, en sachant que le flibustier Mittal tient la filière produits laminés avec la clientèle notamment pour l’automobile ou pour les boites de conserves ou de boisson ?
Et puis quel amateurisme en disant que Mittal doit s’engager à trouver un repreneur et faire des investissements dans la filière produits de laminage.
Ce patron, qui n’a que le fric comme emblème, peut-on croire qu’il répondra présent pour trouver un concurrent qui viendrait chasser sur ses terres de profits, s’il en existe un près à le faire : cela relève d’une naïveté coupable ou alors de ce qu’on l’on pourrait appeler d’une opération « billard à trois bandes » pour dire, au bout du compte, que tout a été fait et qu’on y peut rien : une sorte de remake de ce qui vient de se passer concernant Citroën Aulnay où le gouvernement a vilipendé dans un premier temps le patron de Peugeot pour ensuite dire qu’il faut accepter de fermer l’usine.
Ce gouvernement - j’ai entendu Montebourg ce matin sur BFM - indique qu’une loi va obliger les entreprises qui délocalisent de s’assurer de retrouver un repreneur.
Encore un coup fourré pour éviter ce que propose le Front de gauche de mettre en place une vraie loi contre les licenciements boursiers en les interdisant purement et simplement.
Et Montebourg indiquait sur BFM que cela pourrait concerné Mittal ; allons donc ! Mittal ferme non pas Florange mais un outil de production, les hauts fourneaux, et il peut très bien invoquer qu’il maintient le site dans ses productions de laminage où il fait de fructueux profits pour ne pas être obligé de respecter la loi que proposeraient les socialistes.
L’idée d’un repreneur vient comme la bouée de sauvetage, elle est aléatoire, elle met en cause l’harmonie de la production d’acier et sa transformation sur le site de Florange et elle engendrera inévitablement le doute sur sa crédibilité et les travailleurs ne seront qu’assis que sur du précaire avec la crainte à tout moment d’une remise en cause existentielle.
S’il faut un repreneur, il en existe un devant les déprédations de ce dépeceur Mittal, c’est l’Etat avec la nationalisation de toutes les usines françaises de la sidérurgie et la mise en place d’un plan pour utiliser les productions d’acier de Florange, de Fos et de Dunkerque pour les entreprises françaises de la transformation des métaux.
Il est temps encore d’y penser et y compris au niveau de l’Europe où l’acier risque de quitter le continent européen et d’être fabriqué par des salariés à bas salaires et dans les pires conditions de travail comme c’est déjà le cas avec ce patron asservisseur.
Cela devrait être une revendication à débattre au niveau du projet industriel des syndicats Européens, sinon, ils n’auront plus que les yeux pour pleurer, car il ne restera plus un gramme d’acier produit par l’Europe si on laisse ce brigand continuer à avaler les dernières entités industrielles de l’acier européen pour les recracher dans les crassiers des usines sidérurgiques mortes.
Le 9 Octobre, crions fort que l’acier français soit débarrassé de Mittal.