Ils ne partagent pas l’idée avancée que les résultats électoraux et l’évolution de la situation politique valident le choix du Front de Gauche. L’analyse du texte reste superficielle sur ce point. Elle fait l’impasse sur la perte de près de la moitié de nos élus, sur les résultats médiocres de l’Ile de France, sur un choix conduisant à la division du parti, sur l’incapacité du FdG, à faire sortir les abstentionnistes des quartiers populaires.



L’actuelle conception du Front de Gauche reste ambiguë : pour certains, y compris dans le PCF, il s’agit de la préfiguration d’un nouveau parti ou rassemblement, confiné à la gauche de la gauche, pour d’autres et souvent les mêmes, c’est l’occasion de poursuivre la voie de l’effacement ou de la disparition du PCF. A Clichy même, une opération de recomposition locale anticommuniste à gauche a été tentée avec l’aide du PG, sous l’égide du FdG. Il semble que prévalent encore des alliances de sommet, au détriment d’un réel travail de rassemblement populaire sur des contenus transformateurs. Tout cela appelle un effort de clarification.

Les communistes clichois ne sont pas opposés par principe à la création d’un front à contenu réellement populaire, mais ils estiment que chaque composante doit garder son autonomie d’analyse, de réflexion, de propositions et aussi d’actions. Ils sont hostiles au principe d’adhésion directe au FdG, ce qui aboutirait, de facto, à la création d’un nouveau parti.



Ils estiment que c’est dans les faits, et pas seulement sur le papier, que les contenus du rassemblement doivent primer. Ainsi la mise en cohérence des luttes et des propositions mises en débat doit s’opérer en étant articulée à la fois sur le programme du parti - auquel il est trop peu fait référence - et sur un projet clairement communiste, afin de donner des perspectives historiques.

Le texte reste superficiel car il ne procède pas à l’analyse de la stratégie du PS, grand bénéficiaire de la dernière séquence électorale, au moment même où, parallèlement à la mise sur orbite de DSK, avec le retour d’un langage de gauche chez M. Aubry, démenti par l’analyse des propositions concrètes qui restent d’inspirations social-libérales (ex. les retraites) - semblent refleurir les illusions sur un véritable positionnement à gauche du parti socialiste.



Pas davantage d’analyse sur la stratégie personnelle de J.L. Mélenchon, propulsé par les médias, et son inscription dans une visée de recomposition à gauche cherchant à marginaliser le PCF...



Les camarades souhaitent que, dès ce congrès d’étape, soit débattue la nécessité de présenter aux Présidentielles un candidat communiste de large rassemblement sur des contenus à la hauteur à la fois des réponses à apporter à la crise et des attentes populaires et des conditions nécessaires pour arriver à un bon résultat ouvrant des perspectives.
Ils s’opposeront, pour les législatives, à la reconduction des inadmissibles concessions constatées lors des régionales. L’effacement des candidats communistes devant nos partenaires doit cesser dans les Hauts de Seine. S’agissant des décisions et du choix des candidats, la souveraineté des adhérents doit être respectée jusqu’au bout.
S’agissant des transformations, les communistes clichois souhaitent une véritable démocratisation du fonctionnement pour rendre le PCF plus attractif, plus efficace, davantage tourné vers l’action et replacer la souveraineté de l’adhérent au cœur des pratiques et du mode de fonctionnement. Le PCF doit clairement rompre avec les dérives électoralistes, redevenir un parti de luttes s’appuyant sur des analyses de classes, sur le marxisme vivant. Pour le changement et le rassemblement, pour battre la droite, ce qui est décisif, c’est le renforcement du PCF et l’action, les luttes : le texte est faible sur cette question centrale.



Dans les pratiques actuelles et dans le texte proposé (Cf. « Les idées au premier plan »), la question des « idées » se trouvent gravement coupée de l’action et des luttes. La première raison d’être du PCF c’est la lutte, le combat pour abolir\dépasser le capitalisme. Certes, la lutte inclue la bataille idéologique, mais ne s’y résume pas, et c’est bien souvent dans les luttes que les prises de conscience s’effectuent et que les idées progressent. Dès lors, la liaison dialectique : luttes\théorie\formation\luttes doit être posée comme primordiale. L’effort de formation doit être considéré comme prioritaire et répond à une très grande attente, voire à une impatience notamment de la jeunesse.



Tout cela suppose un rôle différent des directions, singulièrement dans les Hauts de Seine, pour impulser les luttes et aider les sections. Sans verser dans le populisme, dirigeants nationaux et fédéraux - qui tous devraient avoir et garder l’expérience des luttes et du terrain -, devraient être davantage représentatifs du salariat et des milieux populaires.



La reconquête des milieux populaires - pour le vote communistes, mais aussi pour l’intervention citoyenne et l’action - passe par le développement de l’activité du PCF, le déploiement des structures de proximité dans les quartiers et dans les entreprises, les services publics, les établissements scolaires, les universités et les laboratoires.
Réinvestir prioritairement le terrain de l’entreprise est vital si nous voulons réellement donner la priorité au mouvement social et brancher les luttes populaires sur des contenus de hauts niveaux et permettre l’articulation avec le vote communiste. Pour en finir avec la machinerie des filtres, mise en place par les conférences fédérales, les communistes clichois pensent que les délégués aux congrès devraient désormais être désignés par les sections elle-mêmes.
Enfin, les communistes de Clichy soulignent la nécessité chez les élus communistes – qui tous détiennent leur mandat du parti – d’exercer leur mandat en liaison étroite avec les militants. C’est ce que s’efforcent de faire, pour leur part, les élus communistes clichois : ainsi en 2008, en plein accord avec la section, ils ont choisi de voter contre le projet de PlU proposé par le maire socialiste, car les communistes clichois estimaient que ce PLU s’intégrait trop bien dans le Grand Paris de Sarkozy et de la Finance.
Ayant été, les seuls à gauche à voter contre, ils ont été sanctionnés par un retrait de leur délégation et de leurs postes d’adjoint. Aujourd’hui, leur analyse est largement partagée à gauche : ce PLU dont ne veulent pas les clichois a été rejeté par le conseil municipal. Ils ont ainsi contribué, par leur attitude ferme et respectueuse de l’intérêt des clichois et en liaison avec les explications de terrains apportées par les militants communistes, à faire évoluer le rapport de force contre ce mauvais projet et contre la logique sous-jacente au Grand Paris.
La question du respect des statuts (vaste sujet dans les Hauts de Seine…) a été aussi évoquée.