La Présidente de MEDEF, plus idéologue que jamais, ne s’y était d’ailleurs pas trompée en voyant dans le mot « nationalisation » un propos « scandaleux ».
Sans doute jugeait-t-elle normale qu’un milliardaire indien, résidant en Grande-Bretagne, joue chaque jour avec l’avenir de milliers de salariés de la sidérurgie ?
Sans doute préférait-elle que chaque mois, des milliers d’ouvriers supplémentaires s’inscrivent à Pôle emploi ?
Pour contrecarrer cette saignée de l’emploi, il est urgent de changer radicalement de politique industrielle en mettant la finance au service de l’économie et non l’inverse.
Ce n’est pas « du sang et des larmes » qu’il faut pour la sidérurgie mais un véritable plan et des outils efficaces.
Commençons par le plan : il faut une nouvelle ambition industrielle, fondée sur transformation écologique et sociale de notre industrie.
Une industrie utile, qui produit des biens et des services durables, intégrant pleinement leur cycle de vie à la conception. Une industrie qui produit plus pour ses habitants, et qui prend à bras le corps l’exigence de la transition énergétique.
Pour suivre ce plan, la puissance publique doit bénéficier d’outils diversifiés.
Il est temps que l’État prenne des participations pour redynamiser des secteurs clés de l’économie, dans l’intérêt général, en lien avec l’ensemble des filières qui bénéficient de ces productions.
La sidérurgie en est l’exemple même, compte tenu de l’importance de la consommation d’acier dans les services et entreprises publics ou mixtes (SNCF, RATP, EDF, GDF-Suez, Renault, chantiers navals, grands propriétaires de logements sociaux), et toutes les PME clientes ou sous-traitantes. Au lieu de jouer la politique de la montre avec la finance, il faut appuyer un véritable projet industriel durable pour la sidérurgie lorraine, française et européenne. Les décisions prises en fin de semaine dernière par le Gouvernement sur le devenir du site de Florange ne vont pas dans ce sens, et concrétisent le refus de résister au MEDEF et aux forces de l’argent. De plus, elles participent au rejet de la parole publique par la population, accentuant ainsi la crise démocratique.