En effet, si l’espace métropolitain peut garantir un vaste marché de l’emploi et d’activités, il oblige, par son étalement et son étendue, certains habitants à vivre en périphérie, donc éloignés de ces sources d’emploi et d’activités. La question de l’égalité de l’accessibilité de tous à la ville nous est posée.
Certains franciliens ont un sentiment légitime de relégation, voire d’exclusion, qui nous renvoie, avec force, aux questions fondamentales et structurantes de l’inclusion sociale, à travers le droit au savoir, à l’emploi, au logement et à la mobilité
Seule une politique forte et volontariste de réduction des inégalités permettra un développement équilibré de la Métropole. Sur le territoire francilien, il y a juxtaposition de zones de richesses et de territoires de grande pauvreté. Cette situation s’aggrave avec la crise dans certaines zones où le tissu social se détricote. La redistribution des produits de l’activité économique de l’Ile de France et de sa richesse fiscale doit être rééquilibrée car ces produits sont souvent concentrés dans certains espaces.
C’est la question de la péréquation (ainsi que du Fonds Social de la Région Ile de France) qui est ici posée, mais aussi celle de la valorisation foncière liée, en particulier, aux futures dessertes prévues dans les projets de transport francilien. D’autre part, il faut élaborer de nouveaux indicateurs qui permettent de mesurer le niveau de richesse réelle des territoires (en prenant en compte la richesse des habitants) et de leurs problématiques sociales.

Le développement de l’Ile de France s’est effectué depuis longtemps dans une logique qui a eu pour effet d’éloigner de plus en plus loin du centre certaines populations et certaines activités. Une autre logique de développement, autour de plusieurs centralités permettra, au contraire, de favoriser l’accès au droit à la ville : proximité des services publics et des équipements, des commerces, des transports … et donc de réduire les inégalités et favoriser l’inclusion sociale.

Il s’agit de donner de la dynamique à une conception éco-responsable des moyens de la Région Ile de France.

Lutte contre le réchauffement climatique, réduction de la consommation d’espace, réduction de la consommation d’énergies et de ressources, réduction et traitement des déchets et des pollutions industrielles… autant de préoccupations qui s’inscrivent dans la conception d’une métropole durable et qui traversent l’ensemble des problématiques qui viennent d’être évoquées.

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La Métropole francilienne a vocation à (re)devenir un tissu économique dense, alliant activités tertiaires et reconquêtes industrielles. L’emploi doit être au cœur des politiques mises en œuvre, dans le respect des enjeux environnementaux. Sans développement économique, sans emploi, la Métropole ne serait qu’une coquille vide.

Avec un parc social figé, des constructions largement insuffisantes, des tarifs du secteur privé en hausse, le parcours résidentiel des ménages en panne, l’accès au logement est de plus en plus difficile dans notre région. Les récentes mesures gouvernementales (Loi Boutin, Surloyer, Icade..) risquent de favoriser la disparition progressive de la mixité dans les quartiers et les zones d’habitat social et entraîner une « ghettoisation » et de nouvelles générations d’inégalités et d’insécurité.
Ce n’est pas ce que nous voulons : la métropole doit devenir un territoire où l’on construit suffisamment de logements, notamment sociaux, où l’effort de solidarité est partagé par tous (Loi SRU, utilisation du foncier détenu par l’Etat..).

La Région Capitale a 30 ans de retard dans ce domaine. Sans opposer rattrapage et développement, il faut un réseau de transport public adapté aux exigences d’aujourd’hui et de demain, garant du droit à la mobilité pour tous. Les territoires franciliens doivent être desservis (1 km entre chaque gare ?) et non seulement traversés.
Ce réseau doit conjuguer la priorité aux déplacements des habitants tout en développant la liaison entre les pôles économiques. Dans cet esprit, la rocade Arc Express, reliant les « banlieues » entre elles, est attendu par nos populations. L’avancement de ce projet, soumis au débat public, ne peut subir de nouveaux retards.

A coté du grand métro automatique, le financement d’un tel réseau francilien ne peut être assis sur une augmentation conséquente des tarifs pour les usagers quand, par ailleurs, la question d’un tarif unique pour tous les franciliens mérite d’être posée.
La logique de financement doit évoluer et explorer de nouvelles pistes : augmentation du versement transport pour les entreprises, mise à contribution des bénéficiaires indirects de l’infrastructure transport, FARIF… Mais cette logique ne doit pas être l’occasion, à l’instar d’autres grandes métropoles, de la mise en place d’un péage urbain.

C’est l’ouverture aux cultures du monde et non la concurrence qui doit guider les actes métropolitains de coopération, de solidarité. La métropole parisienne doit être une terre qui s’enrichit des différences et non un territoire qui se replie frileusement sur lui-même."

Marie-Hélène AMIABLE, Députée des Hauts-de-Seine, Maire de Bagneux