Mais la démarche libérale se traduit aussi par :
• la casse du Fret (marchandises), accélérée depuis 2002 au mépris du respect de l'environnement, qui vise la filialisation et la privatisation,
• la dérèglementation tarifaire du TGV et la recherche de rentabilité économique,
• la suppression de plus en plus de trains Corail,
• l’impasse financière pour les TER dans laquelle les décisions gouvernementales ont placé les conseils régionaux : abandon de dessertes, guichet fermé le dimanche, suppression de trains, etc…
Usagers et cheminots sont mécontents des nouveaux horaires : ce sont les conducteurs qui supportent la plus grosse charge du "cadencement à venir" et cela sans aucune reconnaissance de la part de l'entreprise.
Les conducteurs se sont vus imposer un accroissement de leur productivité de plus de 17% depuis plusieurs années et que ce regain de productivité n’avait eu comme seul résultat qu’une dégradation de leurs conditions de vie et de travail.
La casse du service public touche en premier lieu les classes populaires et menace l’avenir.
Ces dégradations provoquent des réactions. Les luttes se multiplient depuis plusieurs années aux niveaux local, national et européen. C’est pourquoi les organisations syndicales de cheminots ont répondu le 8 novembre dernier à l’appel à la grève de la Fédération Européenne des Travailleurs des Transports.
C’est pourquoi aussi, le PCF avec le Front de Gauche, défend le service public ferroviaire comme un outil essentiel au service des usagers et de l’aménagement du territoire, garantissant un véritable droit au transport, prenant en compte les exigences environnementales.
La démarche libérale et purement commerciale tourne le dos à cet objectif !
Le service public est porteur de valeurs incontournables pour la société que nous voulons construire : l’égalité sociale et territoriale, la démocratie et la solidarité. Cette logique se situe au coeur de la vision stratégique d’une gauche de transformation sociale. Le PCF, au sein du Front de Gauche, considère le service public ferroviaire comme le moyen indispensable au développement des transports, non plus dominés par la rentabilité à court terme mais centrés à la fois sur les besoins des populations et sur la prise en compte des exigences écologiques.
Le service public ferroviaire, comme les autres services publics, doit échapper aux appétits du marché capitaliste.
Et pour ce faire, un certain nombre de mesures seront incontournables pour le droit au transport pour toutes et tous :
• Rétablir des services publics de qualité, fidèles à leur mission d’égalité, présents sur tout le territoire, démocratiquement géré avec des droits nouveaux aux salariès, aux associations, aux élus locaux.
• Prévoir des investissements publics suffisants, notamment en terme d’infrastructures pour rénover et développer le réseau.
• Assurer l’obligation d’assurer mieux les dessertes (revenir sur les fermetures de gare, fréquence des trains) y compris dans les régions moins denses en population. Pour nous, les activités les plus rentables doivent permettre de financer les autres.
• Revoir la base tarifaire du titre de transport : revenir au tarif kilométrique identique sur tout le territoire : c’est ça l’égalité de traitement des citoyens.
• Ces mesures exigent pour l’efficacité et la sécurité le retour à une seule entreprise intégrée, soit la réunification de Réseau ferré de France (RFF) et de la SNCF. Principale cible de la libéralisation du secteur ferroviaire, le Statut des cheminots est aujourd’hui menacéLa direction de la SNCF et le Gouvernement, dans le cadre de leurs orientations de libéralisation du système ferroviaire entendent réformer le socle social pour l’adapter aux ambitions des « branches » et aux velléités des actionnaires des entreprises ferroviaires privées.
Mais la dimension européenne est devenue incontournable. Un service public ferroviaire européen n’est-il pas envisageable ? C’est un projet indispensable. Cela peut commencer par des coopérations entre les sociétés de chemins de fer européens.
Mais dans ce cadre, un statut unifié des cheminots est nécessaire, basé sur les meilleurs acquis dans chaque pays. Tout le contraire de la "construction" européenne d'aujourd'hui qui vise à opposer les travailleurs de chaque pays en tirant tous les acquis sociaux vers le bas.