Et pour ce faire, nous réalisons une programmation globale de l’habitat équilibrée avec 50 % de logements sociaux et 50 % de logements en accession. De 2011 à 2016, nous avons prévu de construire, chaque année, 750 logements par an (objectif inscrit dans notre PLH).
C’est en ce sens que notre futur écoquartier accueillera 1 720 logements diversifiés. Depuis plusieurs années, Gennevilliers est une ville pilote dans l’éradication de l’habitat insalubre.
Nous avons signé, en 2009, un deuxième protocole de coopération avec l’État pour éradiquer l’habitat indigne. 913 logements indignes ont été répertoriés et à ce jour 587 traités (527 fermés définitivement et 60 mis en conformité). Et nous avons relogé, à Gennevilliers, 290 ménages, représentants 571 personnes, dont 156 enfants.
En 2014, c’est notre objectif, et nous le tiendrons, il n’y aura plus de logement indigne sur notre ville. Ce résultat est le fruit de notre politique volontariste et prouve qu’il est possible de mettre fin à l’habitat insalubre.
Le droit au logement pour tous et partout est bien une question fondamentale pour notre société. Plus que jamais, Il est urgent de se mobiliser contre la politique désastreuse du gouvernement : baisse du budget en faveur du logement social de -20 % sur la période 2008-2011 et augmentation du soutien à l’investissement spéculatif au travers de dispositifs fiscaux qui ponctionnent sur le budget de l’État de 10,7 milliards d’euro.
Afin d’en juger, je vous invite à observer ce qui est fait dans notre département, véritable laboratoire de mise en place des politiques nationales qui créent de nombreuses disparités, comme la vente des logements sociaux initiés par Monsieur Nicolas Sarkozy quand il était président du Conseil général des Hauts-de-Seine.
Aujourd’hui, se loger dans notre département est de plus en plus difficile, car les prix de l’immobilier et des loyers explosent. En tout, ce sont près de 100 000 familles qui restent en attente d’un logement social.
La création de logements sociaux est la seule solution efficace pour régler le problème dans son ensemble parmi lesquels les problèmes récurrents de l’hébergement d’urgence, du mal-logement et notamment chez les jeunes.
10 ans après la loi de Solidarité et Renouvellement urbain (loi SRU), force est de constater que de nombreuses villes ne respectent toujours pas cette loi. C’est le cas de 14 communes sur 36 dans les Hauts-de-Seine, qui préfèrent payer de faibles amendes plutôt que d’accueillir des logements sociaux.
Certaines municipalités, qui se vantent de construire du logement social, ne font aucun effort pour en construire de vraiment abordables, à savoir des PLAI et des PLUS. Elles font uniquement du PLS inaccessible aux couches populaires.
L’argument du manque de foncier disponible est très souvent brandi par ces villes comme explication objective. Pourtant, le nombre de programmes de constructions de bureaux ou de logements de standing n’a jamais été aussi important.
Entre 1999 et 2006, le nombre de logements a augmenté de 8,5 % (+ 53 129 logements) mais le nombre de logements sociaux a, lui, diminué de 3,82 % (- 6 975 logements sociaux).
Le Conseil général des Hauts-de-Seine est un des départements les plus riches de France et a largement les moyens de mener une autre politique en faveur du logement. Pourtant, il choisit d’adopter une attitude discriminatoire sur le financement de nouveaux logements sociaux vis-à-vis des villes qui ont plus de 40 % de logements sociaux.
Enfin, concernant l’encadrement des loyers du privé, il est inadmissible qu’aucune réglementation plus ferme ne soit appliquée : dans l’agglomération parisienne, les loyers ont augmenté de 30 % en 10 ans alors que nos concitoyens vivent des situations de plus en plus précaires, que les revenus n’ont pas augmenté, voire sont en baisse.
Vous l’aurez compris, ma position d’élu local confronté au problème de logement quotidien de nos concitoyens, mon expérience de mise en place d’actions novatrices dans le domaine avec de nombreuses luttes menées pour obtenir les financements pour le logement social, m’amène à partager avec vous l’urgence du débat, la nécessité de répondre aux besoins du logement et de faire d’autres choix pour nos concitoyens.
Mais nous ne pouvons pas nous contenter d’un simple saupoudrage pour palier les défaillances de ces dernières années.
Nous ne pouvons pas attendre que chaque candidat ajoute un paragraphe sur le logement dans son programme sous prétexte que les médias mettent, momentanément, la lumière sur ce thème.
C’est un combat de longue haleine qui est mené depuis des années par différents acteurs, dont fait partie la fondation Abbé Pierre.
Il s’agit de porter un autre choix de société : celui du droit pour tous contre celui de préservation des droits des privilégiés, celui du droit à la ville pour tous contre celui de la spéculation qui entraîne l’exclusion.
C’est pourquoi, j’ai fait le choix de m’engager dans un rassemblement large de forces politiques, associatives et de citoyens : le Front de Gauche.
Le Front de Gauche porte sur le fond cette question et propose des solutions concrètes pour un véritable changement : un plan d’urgence nationale pluriannuel de 200 000 logements sociaux par an pendant cinq ans, comprenant un volet spécifique de logements étudiants et pour les jeunes ; un budget du logement à hauteur de 2 % du PIB ; un encadrement des loyers du public et du privé pour atteindre l’objectif que le loyer ne représente pas plus de 20 % des revenus des familles.
Dans l’espoir que ces quelques éléments livrés à partir de mes expériences locales puissent donner un autre éclairage sur les problèmes du logement, je vous propose de porter ensemble des alternatives, en construisant un front uni pour un véritable changement.
Je vous prie de croire, Monsieur, à l’assurance de ma considération distinguée.
Jacques BOURGOIN, Maire de Gennevilliers - Conseiller Général des Hauts-de-Seine