« La direction nous parle de dialogue social, mais nous ne parvenons jamais à obtenir de moyens sur les questions des effectifs, des conditions de travail, etc. » explique Graziella Raso, membre de l’Usap-CGT.
« Dans un contexte de restructurations et de dégradations des conditions de travail, le temps syndical nous est indispensable pour défendre les intérêts des agents », souligne pour sa part Denis Planchet, responsable CFDT.
« Tout est question de fric et de rentabilité »
Ce n’est pas Yannick Perrin, représentant SUD santé à l’hôpital Corentin-Celton, qui dira le contraire. « Sur certains secteurs, on n’arrive même plus à recruter d’infirmières », déplore le militant.
« En consultation de gynécologie, poursuit Christine, élue CFDT à l’hôpital Beaujon, on manque tellement d’infirmières que la direction envisage de faire tenir les consultations par des aides-soignantes. » « On nous dit qu’il n’y a pas d’argent pour embaucher. Mais à côté de ça, on doit faire des actes et encore des actes. Tout est question de fric et de rentabilité. »
Comme le souligne Graziella Raso, de la CGT, « entre 1992 et 2012, 20 000 emplois ont été supprimés, dont 15 000 sur les dix dernières années où les gouvernements de droite étaient aux manettes ».
« La conséquence, c’est qu’on s’oriente vers une médecine à deux vitesses », s’indigne Brahim Yatera, élu FO à Beaujon, faisant allusion au service de neurochirurgie de l’hôpital qui n’accueille quasiment que des patients du privé.
« On privilégie les émirs du Quatar ou d’Arabie saoudite, car ils payent cash. Mais quand nous avons besoin d’un lit pour un patient des urgences, on nous dit qu’il n’y a plus de place », s’énerve le jeune syndicaliste.
Comble de l’horreur, les soignants se retrouvent à faire des choix dans les soins urgents, comme le raconte un autre élu de l’hôpital Beaujon : « Récemment, en réanimation, une infirmière s’est retrouvée seule dans le service avec deux patients en arrêt cardiaque. Sur ordre du médecin, il a fallu faire un choix : ils ont sauvé celui qui avait de la famille, pour éviter le risque de plainte.
L’autre patient est mort. Et depuis, l’infirmière est en arrêt maladie. »
Alexandra Chaignon

Source l'Humanite