En dépit de deux Intifada, d'une intervention militaire meurtrière à Gaza et d'un blocus qui affame les Palestiniens, le soutien strauss-kahnien à Israël ne fléchit pas.

(…)

L'homme incarne le système économique qui a échoué

Mais DSK ne perdra pas l'élection parce qu'il est antipathique. Sarkozy a été élu en dépit de son bling et de ses fanfaronnades imbéciles. Strauss-Kahn fera perdre la gauche car il incarne jusqu'à la caricature le système économique qui a échoué en 2009.



Quinze ans après, le « moderne » DSK tentera de singer Tony Blair. Il nous promettra une mondialisation heureuse et tranquille, une intégration européenne florissante et, comme le caniche britannique, s'inféodera à l'administration étatsunienne du moment. Le monde de la finance et du patronat l'a bien compris et c'est pour cela qu'il acclame le dernier blairiste européen.



En France, Strauss-Kahn préconisera les « réformes de structure » nécessaires « pour rendre compétitive » l'économie Française. Voici un avant-goût de la méthode DSK : le gouvernement Zapatero en Espagne a obtempéré devant les injonctions des « marchés » et a mis en place des politiques d'austérité (lutte contre le déficit, la dette, réduction du nombre de fonctionnaires, etc.).



Strauss-Kahn refuse « le dogme » de la retraite à 60 ans

Ce n'était pas suffisant pour Strauss-Kahn qui a déploré que le marché du travail espagnol soit « trop rigide ». Les 20% de chômeurs espagnols auront apprécié le verdict du « brillant économiste de gauche ». Puis, le patron du FMI est venu à la rescousse de son ami Sarkozy sur le dossier des retraites, affirmant qu'il « refusait le dogme de la retraite à 60 ans ».



Visionnaire, DSK a ajouté que puisqu'on « vieillit plus longtemps, il faut qu'on travaille plus longtemps ». Selon un tel raisonnement, la gauche devrait revenir sur toutes les réformes sociales depuis le Conseil national de la résistance. Il aura encore échappé à Strauss-Kahn que c'est bien parce que l'on a progressivement abaissé l'âge de la retraite que l'espérance de vie a pu augmenter.

Ce « socialiste » a une vision très libérale du progressisme

Demandons aussi aux Grecs ce qu'ils penseraient d'une présidence Strauss-Kahn. Dans le pays le plus pauvre de l'Europe occidentale (avec le Portugal), sans Etat social développé, le FMI « progressiste » de DSK vient d'imposer un vaste programme de privatisations en contrepartie d'un prêt. Ces mesures impliquent notamment la privatisation des chemins de fer, de la Poste, de compagnies d'eau, des ports et aéroports et des parts publiques dans l'ex-entreprise nationalisée de télécommunication.

Avec Strauss-Kahn, c'est le retour au balladurisme des années 90, sauf que cette fois-ci l'Orléanisme passe à gauche. Sous son masque balladurien, DSK trahit son mépris pour les classes populaires qui triment. Notre Balladur « socialiste » a crié haro sur la retraite à 60 ans alors que son salaire annuel est de 495 000 dollars, net d'impôt.

Les Français aimeront aussi apprendre que la retraite du président du FMI est garantie au bout de trois ans de service et qu'il touchera 80 000 dollars par an.
Un « dogme » d'une toute autre ampleur.
Ph. Marlière (source Rue 89)