La victoire des plus humbles
Pour tous les Boliviens qui ont décidé de lui renouveler leur confiance, c’est surtout la victoire des populations les plus humbles. L’explosion de joie l’emporte finalement sur l’enthousiasme tranquille ou la surprise.
Car la réélection d’Evo Morales ne faisait aucun doute, mais son score sans appel dépasse les pronostics. Cela veut dire qu’aujourd’hui l’appui est général, que la révolution qui est en marche est encore plus solide. Evo Moralesa fait avancer le pays, et il va pouvoir continuer de le faire.
Majorité absolue au Sénat et au parlement
Pour cela, Evo Morales dispose même d’un nouvel atout? : la majorité absolue dans les deux chambres du Congrès.
Les élections législatives, qui avaient lieu le même jour, ont elles aussi offert au MAS, dont Evo Morales est le cofondateur, une large victoire? : le parti remporte au moins 24 des 36 sièges de la Chambre haute. Pour la première fois, l’opposition de droite ne dispose plus d’une force de blocage au Sénat.
Le gouvernement sera donc libre de faire passer toute une série de lois jusqu’alors bloquées, ce qui lui permettra d’accélérer la mise en œuvre de la nouvelle Constitution adoptée en janvier dernier.
À droite, si la déroute présidentielle était prévue, cet échec aux législatives passe mal. Le premier candidat d’opposition, Manfred Reyes Villa, n’obtient qu’entre 23 % et 25 % des voix. Il l’emporte cependant dans trois des neufs départements du pays, trois départements autonomistes de l’Est bolivien, dont le fameux bastion de Santa Cruz. « La polarisation politique continue », a-t-il déclaré après avoir reconnu sa défaite.
Les observateurs internationaux envoyés par l’Union européenne et l’Organisation des États américains ont salué quant à eux la régularité du processus électoral.
Selon eux, le vote s’est déroulé de manière « civique et pacifique » et revêt une « légitimité démocratique » totale. Evo Morales est donc au pouvoir pour cinq nouvelles années… voire plus.
Accélérer le changement
Felix Machado Quispe, dirigeant du MAS donne des indications sur la suite des réformes à venir, avec le soutien populaire : " Depuis quatre ans, nous avons nationalisé les hydrocarbures, puis l’ensemble des ressources naturelles, ainsi que les entreprises stratégiques de service public.
Nous avons aussi mis ?en œuvre de nombreux programmes sociaux pour lutter contre ?la déscolarisation, par exemple, ?et pour aider les plus pauvres. ?Nous allons évidemment poursuivre ce processus.
Mais nous avons aussi une nouvelle priorité? : industrialiser le pays. Nous possédons ?de nombreuses ressources, la Bolivie est un pays qui peut compter dans les échanges internationaux, et c’est ce potentiel que notre président ?veut développer.
Nous avons des projets d’industrialisation dans ?le secteur minier, nous voulons aussi industrialiser les immenses réserves de lithium dont nous disposons dans le désert de sel d’Uyuni, afin d’exporter de véritables produits et pas seulement des matières premières."

source l'Humanité