Ces pays ont ainsi balayé l’éventail des expériences politiques.
Le socialisme du XXI siècle va se bâtir, il se bâtit chez eux, malgré leur proximité avec la plus formidables puissance militaire, économique, financière, technologique, médiatique que la terre ait jamais connue (Un président mexicain disait : « Pauvre Mexique si loin de Dieu et si près de l’Amérique ! »).
Plusieurs de ces pays récupèrent leurs richesses naturelles au service du peuple, le gaz, l’eau, le pétrole, développent des politiques nationales soucieuse des intérêts de leur peuple et de l’avenir de la planète.
La plus importante organisation écologique du monde, WWF (vous savez, celle dont le logo est un Panda) a réalisé en 2006, une étude sur les pays qui souscrivent aux conditions pour un développement durable.
Son rapport indique que si les choses continuent ainsi, en 2050, l’humanité consommera les ressources et l’énergie de deux planètes Terre.
Le rapport met sur la liste noire les Émirats Arabes Unis, les États-Unis, la Finlande, le Canada, le Koweït, l’Australie, l’Estonie, la Suède, la Nouvelle Zélande et la Norvège, des pays à forte consommation d’énergie.
Les pays pauvres ont moins d’impact sur la nature, mais à mesure qu’ils se développent certains dépassent la mesure. C’est le cas de l’Inde et de la Chine.
WWF a élaboré un graphique avec deux variables : l’indice de développement humain (établi par l’ONU : niveau d’alphabétisation, espérance de vie, etc.) et ce que l’on appelle l’« empreinte écologique », indiquant l’énergie et les ressources per capita consommées dans chaque pays.
Aucun pays riche, mais également aucun pays pauvre n’a un type de développement qui remplit concomitamment ces deux critères indispensables de durabilité. Aucun, sauf un.
Je vais agacer le dessinateur Plantu et pas que lui, peut-être : ce pays est Cuba.
« Cela ne veut pas dire que Cuba soit un pays parfait, mais que c’est le seul à remplir les conditions », précise l’un des auteurs de la recherche de WWF.
Ce qu’a mesuré WWF, pourquoi ni nos médias ni nos politiciens estampillés écolos ne nous en parlent-ils pas ? Pourquoi ne vont-ils pas y voir ? Compte-tenu de l’enjeu planétaire, ne devraient-ils pas prendre le risque de froisser l’Empire, le FMI, l’OMC, la Banque mondiale, notre opinion publique ?
Élargissons le propos à toute l’Amérique latine.
L’Europe est un conglomérat de pays rivaux où se pratiquent les délocalisations, le dumping social à l’intérieur de ses frontières. C’est une foire d’empoigne, les sommets sont des bras de fer nationalistes, les structures administratives sont des bureaucraties amoureuses du FMI.
L’Amérique latine a créé le Mercosur (le marché commun du sud) et l’Alba (Alliance Bolivarienne pour les peuples de notre Amérique), des organismes qui concernent plusieurs centaines de millions d’habitants, et qui regroupent, à eux deux une quinzaine de pays membres ou associés.
Au sommet du Mercosur de décembre 2010 au Brésil, Cristina Kirchner, la présidente de l’Argentine a déclaré : « Nous devons être intelligents pour ne pas tomber dans le piège des divisions et des affrontements entre pays de la région selon la vielle formule : diviser pour mieux régner, qui doit être supplantée par unir et gouverner »
Le Bolivien Evo Morales (premier président indigène en Amérique latine) dit que si un fonctionnaire du FMI atterrit à La Paz, il devra aussitôt remonter dans l’avion.
Le président Hugo Chavez a annoncé hier (mercredi) aux dirigeants d’une grande banque vénézuélienne, que si elle persiste à enfreindre la loi en refusant d’accorder des prêts immobiliers à des mal-logés, elle sera nationalisée.
Le président équatorien Rafael Correa est disposé « à ne pas exploiter 920 millions de barils de pétrole afin d’éviter l’émission de près de 111 millions de tonnes de carbone dues à la combustion de matières fossiles. »
Est-ce que l’Union européenne, si elle ne montre pas la voie, va, au moins, suivre et encourager ?
Il faudrait que nous soyons, pour le croire, ce que mon ami Aurélien Bernier appelle dans le titre d’un de ses livres « des écologistes benêts ».
Écoutons Karl Marx : « Le Capital a horreur de l’absence de profit. Quand il flaire un bénéfice raisonnable, le Capital devient hardi. A 20%, il devient enthousiaste. A 50%, il est téméraire ; à 100%, il foule aux pieds toutes les lois humaines et à 300%, il ne recule devant aucun crime. »....