Notre proposition centrale en matière d’emploi et de formation est l’affiliation de chacun à un nouveau service public de l’emploi et de la formation à partir de l’âge de fin de l’obligation scolaire sur le modèle de la sécurité sociale.

Dans ce cadre, il s’agit de créer au niveau régional un levier d’intervention sociale pour imposer d’autres critères de gestion afin de responsabiliser tant le service public, qu’il ne s’agit pas de stigmatiser mais de revaloriser, que les entreprises.

Cela peut se faire dans le cadre d’un plan régional basé sur des engagements précis en matière d’emplois, de mises en formation, d’insertion.

Cela appelle tout d’abord à une transformation radicale du service public de l’emploi : élargir sa mission au-delà de celle de placement et y ajouter une mission de sécurisation.

C’est-à-dire passer d’une logique d’indemnisation à une logique d’affiliation, d’insertion par une formation et un emploi choisi correspondant aux qualifications à développer.

En matière de formation : notre objectif doit être d’éradiquer les risques de rupture de situation en affirmant le droit véritable à la formation tout au long de la vie.
Aujourd’hui la formation est au service des besoins du capital et non au service de l’essor de toutes les capacités humaines et de la maîtrise de sa vie par chacun-e.
La formation ne peut se penser que insérée dans un dispositif d’ensemble, en lien avec un projet de développement d’emploi et d’activité, qui réponde aux besoins du territoire et en mobilisant les fonds de la formation qui, aujourd’hui, ne répondent pas aux besoins (175 Milliards en 2006).

  1. Élaborer les objectifs de ce service public rénové (quelques exemples) :
  • Mesures spécifiques pour les jeunes :

- Une véritable carte des formations, sous contrôle des élus locaux en lien avec les représentants de la population et des salariés, afin de permettre à chaque jeune d’avoir accès à la formation de son choix sans être victime d’un tri social et/ou territorial
- Proposer un contrat de sécurisation qui inclus tous les domaines de la vie : allocation formation-autonomie, favoriser l’accès au logement, imposer un pourcentage de jeune obligatoire dans les entreprises, …

  • Pour les salariés : être dans une démarche d’anticipation en lien avec les partenaires sociaux afin de proposer des formation adéquates.

Cela suppose également la création d’un grand service public régional d’accueil, d’information et d’orientation tout au long de la vie pour sortir de la marchandisation des formations.

  • Sur la question de l’aide au retour à l’emploi : bénéficier de droits à formation qualifiantes, faire des propositions en adéquation emploi/qualifications (pour Pole emploi cela nécessite de créer des emplois et de mettre fin au recours au privé), affirmer le droit au refus,

mais également de travailler sur les conditions de retour (aide au logement, garde d’enfant, aide recherche,…).

2) Contractualiser autour de ces objectifs :

  • Dans le cadre d’accords-cadres entre région et les services publics de l’emploi (avec qui ont a une compétence partagée sur

la formation des demandeurs d’emploi), ce qui va permettre : 1) une mise en cohérence desprojets, de l’offre et de la qualité des formations proposées et 2) d’exiger que Pole emploi dispose de moyens supplémentaires.

  • Cela passe aussi par le développement de partenariat avec les conseils généraux sur les questions d’insertion en impliquant tous les acteurs concernés et sans exonérer l'état de ses responsabilités.
  • Autre exemple : mettre en place un comité de pilotage régional des PLIE et des missions locales pour renforcer leur rôle.
  • On pourrait aussi faire la proposition de contractualiser dans le domaine de la VAE pour développer et démocratiser cette démarche.

3) Mais pour changer durablement les choses, il va falloir ajouter à ce service public rénové une bonne dose de démocratie qui manque cruellement aujourd’hui.
Exemple de l’ouest parisien.

L’ouest parisien (boucle Nord 92) permet d’éclairer, jusqu’à la caricature, les blocages dans lequel nous maintient le système actuel de production, d’emploi et de formation.
Ce territoire est marqué par un projet institutionnel et économique mené par le gouvernement et les grands groupes qui ne répond en rien aux besoins locaux en termes de d’emploi et de production et qui est imposé aux populations et aux élus locaux (le cas de l’extension de la Défense sur Nanterre est alors symptomatique).

Cela débouche sur un territoire profondément dual : que ce soit en matière de production (Leur Défense versus notre Port de Gennevilliers et notre Papeterie de Nanterre), d’emploi (offre versus besoin d’emploi) et formation (Leurs facs Pasqua et Dauphine versus notre fac de Nanterre et formation pro cf. débat sur les subventions du CG :
-900 000 euros pour l’université de Nanterre, 10 000 000 d’euros de subvention pour la fac Pasqua-Léonard de Vinci).

Pour sortir de cette situation, nous proposons de créer une conférence régionale pour l’emploi et la formation qui confère de nouveaux pouvoirs pour les élus locaux, les populations et les salariés (pouvoir de proposition et de contrôle) afin d’assurer une maîtrise démocratique qui fasse de l’emploi et de la formation un objectif et non une variable d’ajustement.

Cette conférence régionale sera centrale, puisque son rôle doit être de :

- fixer les objectifs de mise en formation et de création d’emploi dans les bassins d’emploi, les régions ;

- mettre en oeuvre les politiques en matière d’emploi et de formation pour répondre à ces objectifs (à contractualisation) ;

- contrôler leur avancée.

  • Cela en lien avec les Fonds régionaux pour l’emploi et la formation.

Vous l’aurez compris, il ne s’agit pas de suppléer/ remplacer le service public national, mais plutôt de préfigurer un service public refondu, étendu à partir des services publics existants en commençant à les réorienter.
A partir de la région – des régions - en lien avec les luttes et les mobilisations sociales, nous voulons inverser la logique.
Ce n’est que comme ça que l’on rendra effective la sécurisation pour chacun et chacune.