La hausse de la TVA est un facteur d’inflation et de baisse du pouvoir d’achat car la stabilité des prix des produits fabriqués en France et destinés à la consommation intérieure impliquerait que les entreprises répercutent intégralement sur les prix hors taxes les allégements de cotisations, ce qui n’est pas dans leurs habitudes.
Dérisoires, ces gains de compétitivité sont surtout contre-productifs car reposant sur la seule baisse du coût du travail. Avec une hausse de TVA de 2 % et la baisse concomitante des cotisations sociales employeurs,- comme les coûts salariaux moyens ne représentent que 50 % des coûts de production, le gain de "compétitivitè-prix" n'est que de… 1 %.
À mettre en regard des salaires trois fois moindres en Europe de l’Est et de vingt à trente fois moindres dans les pays émergents ! Finalement, seul le consommateur sera touché par ces hausses, mais cela jouera aussi contre le redressement de l’économie. Cette recherche effrénée d’une « compétitivité-prix » fondée en réalité sur la baisse des coûts salariaux et le dumping social et fiscal, est une folie.
De plus, elle fragilise le financement de la protection sociale.
L’avalanche des licenciements boursiers, l’austérité pesant sur les salaires et l’explosion du chômage jouent négativement sur la consommation, la croissance et donc le financement de la sécurité sociale.
Pour assurer un bon financement pérenne - de notre système de santé et l’améliorer, il faut une réforme fiscale annulant les exonérations de charges sociales des entreprises, une revalorisation salariale et une éradication progressive du chômage afin d’augmenter le nombre des cotisants donc la masse salariale.
Avec cette hausse de la TVA, nous sommes tous perdants, sauf le MEDEF. L’objectif recherché hier comme aujourd’hui est celui d’une baisse massive des cotisations patronales et du « coût » du travail : un report en France du financement de notre système de santé sur les ménages.
Le patronat comptent y arriver en suivant deux voies : celle du financement par la fiscalisation et celle des assurances privées.
C'est déconstruire ce que le programme progressiste de la Résistance avait réussi a faire avancer à la Libération.
C’est une idée fixe du MEDEF.
Le Ps vend à son tour cette idée venue du MEDEF au nom de la "compétitivité" Non seulement c’est injuste, mais c’est inefficace.
Redonner à nos entreprises de la « compétitivité » c’est :
- améliorer la qualification de la main-d’œuvre et la qualité des produits exportés, liée à l’innovation, à la formation, à la recherche.
- réduire les coûts du capital : les ponctions que représentent les dividendes des gros actionnaires et les charges financières liés à l’intérêt des emprunts. Pour cela il faut nationaliser le système bancaire, imposer une maîtrise publique du crédit afin de diriger l'argent vers la création d'emplois et changer les critères de gestion des entreprises tout en établissant des droits d’intervention des salariés sur les décisions stratégiques.
L’objectif des libéraux reste de miner le financement solidaire de la protection sociale, il faut les mettre en échec.
La hausse de la TVA pousse à une fiscalisation croissante reposant sur les seuls ménages.
Elle appuie le processus d’étatisation-rationnement du système de protection sociale au détriment même d’un financement dynamique de la protection sociale, lié à l’activité économique et à la création de richesse.
Elle favorisera de nouveaux rétrécissements de la prise en charge des besoins sociaux...... et la montée du privé pour les retraites et l’assurance maladie. C’est bien là l’objectif final des libéraux.