Cette Europe tourne le dos au social

L’accès aux soins , mais aussi à l’éducation, à l’habitat, à la culture ou à la mobilité, serait de plus en plus conditionné aux aléas de fortune ou d’infortune. Cette « mise sur le marché » du social met en péril toute une série de services rendus au quotidien par les collectivités locales. Seuls les traitements caritatifs à destination des plus démunis pourraient échapper à ce sort !

Cette libre concurrence s’immisce donc partout, et démantèle les services publics, pourtant les seuls à même de rendre les droits essentiels à tous et partout. Cet effacement du service public de droit commun signifie l’effacement des droits sociaux.

C’est à ce « standard européen » que Sarkozy entend soumettre toutes les politiques publiques de l’Etat et des collectivités locales, avec sa RGPP ( révision générale des politiques publiques) dont la philosophie se résume à « toujours moins de service public » ! La loi Boutin est son volet logement, les réformes Darcos et Pécresse son volet éducation, la réforme Bachelot son volet santé, le projet Balladur son volet territorial.
Elle organise dans tous les domaines le retrait de l’Etat et de l'intervention publique pour favoriser le marché, spéculatif par essence, le champ des services et des biens communs est livré à la cupidité des opérateurs privés.

L’avenir est aux services publics

Assimiler la liberté de chaque citoyen à la liberté du commerce est un abus de langage, un recul social. La marchandisation de certains biens essentiels, car vitaux, est même criminelle. Celle de tous les besoins humains ne peut qu’accroître les inégalités sociales, les disparités territoriales, les discriminations et les tensions, à l’opposé du bien-être et d’un développement harmonieux en France, en Europe comme dans le monde.
La crise n’est pas que financière et économique.

Elle entraine - et résulte de - l’amoncellement des fractures sociales, médicales, éducatives, judiciaires, etc, C'est une crise majeure de société, voire de civilisation. La crise est révélatrice à la fois des dégâts du « moins de service public », et du besoin de service public pour assurer des conditions d’existence et d’avenir viables. Nous n’avons qu’une planète : elle doit rester « propriété publique » !

L’Europe sociale ne pourra émerger qu’en affranchissant la satisfaction des besoins essentiels des règles de la concurrence et de la dictature du marché sur les activités humaines, en rompant donc avec le Traité de Lisbonne et en réorientant profondément la Banque Centrale Européenne pour mettre sélectivement la création monétaire au service de l'emploi, de la formation, de l'investissement indispensable à une croissance saine, riche en emplois. Si des secteurs rendent nécessaire l’organisation de services publics européens et de coopérations, il devra être restitué à chaque Etat et à chaque collectivité locale sa liberté de décider librement du mode de gestion de ses services.

Préserver et promouvoir le caractère public des services essentiels, mis en œuvre par des entreprises publiques démocratisées et non étatistes, ouvre la perspective d’un alter-développement, réellement durable, face aux impératifs écologiques et à la nécessaire justice sociale.