On aurait pu imaginer inauguration plus fastueuse, plus publique, pour un matériel qui représente, objectivement, une modernisation par rapport aux anciens trains « petits gris » des années 60/70.
Non, les flonflons et les confettis sont restés confinés au « technicentre » de Joncherolles à Villetaneuse. Nous pouvons aisément imaginer pourquoi.
Les choix d’éclatement de la SNCF, conduisant à des filialisations, notamment de l’activité fret, sont très contestés par les cheminots, dont la première journée nationale de grève le 20 octobre, à l’appel de trois syndicats, a été fortement suivie, notamment sur le réseau Paris-Nord.
Les défenseurs du service public auraient pu gâcher la fête du patron, Guillaume Pépy.
Jean-Paul Huchon, président sortant PS de la Région Ile-de-France et du Syndicat des transports, STIF, est, quant à lui, de plus en plus rattrapé par sa décision de 2006 d’attribuer le marché du renouvellement des trains de banlieue au groupe canadien Bombardier contre Alstom.
Huchon, celui-là même qui se vante d’accorder (sans contreparties en terme de création d'emplois) des aides publiques aux entreprises franciliennes, a fait le choix de la délocalisation, du dumping social. La conception et la majorité de la fabrication des trains Bombardier sont faites à l’étranger, au Canada et en Europe de l’Est, une minorité seulement sur le site de Crespin dans le Nord (auquel Alstom aurait pu sous-traiter une partie du marché, s’il l’avait obtenu).
Avec la crise, l’attribution de ce marché géant, de 2,7 milliards d’euros (4 milliards avec les rames en option) est encore plus gênante politiquement.
D’autant que 8 régions de province viennent justement de faire le choix d’Alstom et de la production en France pour une commande groupée de 100 TER.

A terme, on parle d'une commande de 1000 rames (7 milliards d'euros!) pour l'ensemble des TER. Pour la deuxième tranche du renouvellement des trains de banlieue parisienne, gagnons que la production en France l’emporte ! Faisons de la politique des commandes publiques un sujet de la campagne des prochaines élections régionales et exigeons le maintien du monopole public RATP/SNCF.