La baisse des dépenses publiques et les hausses d'impôts imposées par le plan d'aide financière ont provoqué au Portugal la plus forte récession depuis le retour de la démocratie, en 1974. Le taux de chômage atteint les 13%. Le nouveau gouvernement a déjà fait passer fin 2011:
=> une nouvelle hausse de la TVA,
=> la suppression des treizièmes et quatorzième mois de salaire pour les fonctionnaires,
=> la concession de parts de l’État dans diverses entreprises publiques (électricité, caisse des dépôts)
=> et de nouvelles exonérations de cotisations patronales.
En ce début d'année 2012, il avait fait de l'augmentation du temps de travail d'une demi-heure par jour (soit trois heures par semaine) sa mesure phare. Confronté à une résistance de plus en plus forte dans les entreprises, matérialisée par la grève massivement suivie du 24 novembre 2011, le patronat a reculé sur cette mesure pour mieux avancer sur son agenda de casse sociale.
Ce plan "est un programme d'agression des travailleurs et de l'intérêt national", a déclaré Armenio Alves Carlos. "L'austérité ne crée pas de richesses. Or, le pays a besoin qu'on lui retire la corde du cou pour pouvoir respirer, vivre et travailler", a-t-il ajouté, plaidant pour une revalorisation du salaire minimum, actuellement de 485 euros brut.
"Le salaire (minimum) net s'élève à 432 euros, or le seuil de pauvreté est de 434 euros, ce qui concerne actuellement au Portugal "quelque 400.000 travailleurs", a-t-il affirmé.
Les manifestants arrivés à Lisbonne en début d'après-midi de tout le pays à bord de cars affrétés pour l'occasion s'étaient d'abord concentrés en divers endroits de la capitale avant de converger vers la place du Commerce, dans le centre historique.
"Non à l'exploitation, non aux inégalités, non à l'appauvrissement" ou encore "une autre politique est possible et nécessaire", pouvait-on lire sur les banderoles déployées par des manifestants qui scandaient : "la lutte continue !" ("A luta continua !").
Le responsable de la CGTP a averti que la vague de contestation se poursuivrait dans les prochaines semaines, annonçant d'ores et déjà l'organisation d'une nouvelle journée de manifestations dans tout le pays le 29 février prochain, dans le cadre de la journée européenne de lutte contre l'austérité lancée par les syndicats affiliés à la CES.