Et ceci en affirmant l’ambition de traiter simultanément l’enjeu français, l’enjeu européen et l’enjeu mondial. Car le principal obstacle à la mise en œuvre d’objectifs sociaux ambitieux ce sont les marchés financiers.
Il s’agit de desserrer leur tenaille, avec un État qui leur verse l’an dernier en intérêts 48?milliards d’euros, pas loin du budget de l’éducation nationale, et des entreprises qui dépensent en charges bancaires et dividendes 309?milliards d’euros, plus du double de leurs cotisations sociales employeur?! Les faire reculer, voilà ce qui est urgent, réaliste?!
Les trois propositions majeures du Front de gauche sont décisives?: un pôle public bancaire et financier pratiquant un autre crédit, sélectif. D’autant moins cher que les investissements à financer programment plus d’emplois, de salaires et de valeur ajoutée?;
un fonds européen de développement social et écologique, à gestion démocratique, abondé par la création monétaire de la BCE pour financer un essor des services publics?;
et bien sûr une BCE qui rachète massivement le stock des dettes publiques.
Du côté des pouvoirs démocratiques, il est décisif que les salariés puissent non seulement suspendre les plans de licenciement, mais faire aussi des contre-propositions, avec leurs institutions élues et, point crucial à ne pas omettre, qu’ils puissent saisir le pôle public bancaire pour de l’argent à l’appui de leurs propositions.
Ce sont des propositions cohérentes, radicales, mais réalistes, s’inscrivant dans un changement effectif graduel.
Ce sont les enjeux déterminants de la période qui s’ouvre, surtout s’il y a une victoire de la gauche, enjeux pour la bataille d’idées, et ils sont au cœur des débats des économistes critiques, enjeu aussi pour la bataille politique et sociale présente et à venir.