Le deuxième, c’est celui de l’emploi, avec le besoin de réponses urgentes face au chantage des responsables des grands groupes, de leurs actionnaires et des marchés financiers. Poussons très loin l’exigence de mesures législatives sur l’interdiction des licenciements boursiers, en faveur de nouveaux droits pour les salariés et de nouveaux outils financiers de développement.
Nos députés et sénateurs du Front de gauche ont déjà travaillé sur plusieurs textes avec des mesures immédiatement applicables. Cherchons des majorités populaires et politiques pour avancer dans ce sens dans les semaines et mois à venir.
Le troisième, c’est celui de la relance budgétaire et de la refonte fiscale, avec le débat à venir sur le projet de loi de finances pour 2013, en cherchant à aller beaucoup plus loin que les premières intentions du Président de la République.
MAIS SUR CES TROIS ENJEUX, ON VOIT BIEN QUE LA MAJORITÉ AU POUVOIR SE RÉSIGNE?
A. Chassaigne. : Je crois que les millions de voix du Front de gauche à la présidentielle et aux législatives, que les Françaises et les Français qui souhaitent le changement n’attendent pas de nous d’être des spectateurs impuissants, voire des tireurs isolés, face à la ligne sociale-libérale qu’adopterait un gouvernement de gauche.
Nous n’avons aucune raison valable de renoncer à porter nos exigences dans le débat public, dans le mouvement social comme dans les institutions.
Au contraire, je crois que la situation nous impose un double effort politique : poursuivre et amplifier, avec les citoyens, avec le mouvement social, la dynamique d’appropriation de nos propositions face à l’austérité généralisée ; et user dans le même temps de tous les moyens pour être utile, pour faire avancer des mesures concrètes pour changer la vie dès maintenant.
N’EST-CE PAS UN COMBAT PERDU D’AVANCE ?
A. Chassaigne. : Quand le MEDEF et les privilégiés de la fortune mènent un lobbying intense pour affaiblir toute dynamique de progrès social, je suis convaincu que notre travail de fond devient une condition essentielle pour modifier les rapports de force.
Je l’ai déjà dit lors de mes dernières interventions, ne nous en tenons pas à commenter « la chronique d’un échec annoncé », qui ne servirait d’ailleurs qu’à dédouaner un gouvernement qui ne rêve que d’être totalement libre de ses mouvements. C’est un front politique durable qu’il nous faut édifier pour redresser le pays, en imposant par notre action collective « la chronique d’un échec refusé ».
Propos recueillis par Gérard Streiff pour l'Humanité