2007-2012: 200 000 emplois au karcher

Tout cet arsenal législatif et réglementaire, mis en place par le gouvernement dans la fonction publique, est l’accompagnement juridique du pouvoir, lui permettant de poursuivre ses plans de restructuration. Depuis 2007, 100 000 suppressions d’emplois effectives et 100 000 nouvelles suppressions annoncées d’ici 2012.
Il s’agit bien de suppressions massives d’emplois et de restructuration de la fonction publique sur le long terme, tout ceci en parfaite adéquation avec la RGPP (révision générale des politiques publiques) et la mise en oeuvre du non remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant en retraite.
Les départs en retraite non remplacés ne couvrant pas entièrement les objectifs du gouvernement, la loi et le décret dit de « réorientation professionnelle » serviraient à dépecer les missions publiques, en recourant à la mise en disponibilité sans traitement des agents concernés et en dernier ressort le licenciement. Dans les services, le sous-effectif et la surcharge de travail vont de pair. Les conséquences sont visibles dans les nombreuses missions abandonnées et dans les conditions de travail détériorées à la Culture, dans les services d e l ’Equipement-environnement, dans les services des Finances ou à l’Education nationale,… La mal vie au travail et le stress ajoutés à l’incertitude vis-à-vis d’un emploi pérenne provoquent des drames humains et sociaux. Le statut a justement été créé pour éviter ces situations extrêmes et permettre la continuité du service public, l’égalité de traitement et la neutralité.
Haro sur les fonctionnaires

Les textes de précarisation des fonctionnaires que le gouvernement veut mettre oeuvre sont d’autant plus mal vécus qu’ils sont accompagnés d’un discours officiel anti-fonction publique et anti-fonctionnaires.
Dans ces conditions les contractuels au nombre d’un million pour les trois versants (État, Hôpitaux, Territoires) deviennent encore plus clairement une variable d’ajustement sans aucune garantie et sans aucun avenir professionnel.

Une mobilité dans la sécurité ou pour précariser?

La remise en cause du statut des fonctionnaires se situe dans une démarche plus globale. En effet, Xavier Dar cos et Laurent Wauquiez communiquent sur le concept de sécurisation des parcours professionnels pour les salariés du privé.
Et on notera, à la lecture de leur communication du 4 février 2010, qu’ils ont une vision de la flexisécurité à la française bien à eux et que nous ne partageons pas.
Pour eux « introduire de la flexibilité est un atout pour l’entreprise ». La sécurité peut être un besoin pour les salariés mais elle répond surtout « à une garantie pour les entreprises qui ont besoin de règles claires et durables pour innover et investir ». Pour eux la« rupture conventionnelle » du contrat est un bon exemple qui « réduit la rigidité du marché du travail ».
Et, justement, dans le même temps, le gouvernement, par la loi, les décrets et un discours savamment provocateur organise le dépeçage du statut des fonctionnaires considéré comme un symbole de la continuité professionnelle dans le double intérêt des personnels et des missions.
La concordance flagrante avec le discours de Laurence Parisot Présidente du Medef qui déclarait en août 2005 : « La vie, la santé, l’amour sont précaires, pourquoi le travail échapperait-il à cette loi ? »
Sous couvert de « sécurisation » la sécurité de l’emploi est réduite et tend vers le bas. Alors même que se construit sent des propositions alternatives pour une véritable s é c u r i s a t i o n d e s p a r c o u r s professionnels pour les salariés, incluant l’emploi et la formation. Une fois de plus N. Sarkozy, pervertit une proposition de progrès – celle visant une sécurisation à l'opposé de la tendance à précariser - pour pousser ses objectifs ultra libéraux.

Préparer les privatisations

La loi mobilité de 2009 et particulièrement son article 7 sur l’introduction du licenciement des fonctionnaires annonce une dégradation sans précédent de la qualité des missions publiques et participe d’un remodelage en profondeur de la société et de ses valeurs.
C’est aussi une confirmation que le gouvernement pour la fonction publique, à l’instar du patronat pour les entreprises du secteur privé, considère que le travail doit être flexible et les salariés jetables.
Par ailleurs, le gouvernement multiplie les formes de privatisation que sont les partenariats publics privés (PPP) et prépare la banalisation de l’emploi intérimaire pour accomplir les missions publiques.
A l’hôpital, dans la santé et dans les collectivités territoriales la même démarche de casse de la fonction publique est engagée.
Le débat et l’action sont plus que jamais nécessaires pour enrayer ce processus déstructurant pour la fonction publique, d’autant plus que les implications en seraient fortes et nombreuses pour l’ensemble de la société.