Les luttes sociales et politiques commencent à interpeller les banques pour qu’elles donnent à la priorité à l’emploi, au développement des territoires, à la préservation de l’environnement.
Elles auront à le faire de plus en plus à mesure que la crise s’approfondira.
Ces exigences peuvent, demain, être l’objet d’assemblées régionales et d’une assemblée nationale pour l’emploi, les qualifications et les salaires. Un pôle financier public donnerait l’impulsion à une mobilisation de tout le système financier dans ce sens.
La Banque de France analyse les comptes et le financement de plus de 250?000 entreprises. Dès aujourd’hui, elle a les moyens de dire aux banques?: tel crédit accordé à telle entreprise a servi à créer des emplois pour développer de nouvelles productions utiles et protéger l’environnement, à développer des recherches. Il mérite donc d’être encouragé, je suis d’accord pour que la BCE te prête cet argent, à un taux inférieur à celui du marché, voire à 0?%.
Tel autre crédit a servi à exporter des capitaux, à délocaliser des productions, à remplacer des emplois par des machines?: ne compte pas sur moi, ni sur la BCE, pour le refinancer?!
La même logique présiderait au financement direct par la BCE, grâce à son pouvoir de création monétaire, du fonds européen de développement social, écologique et solidaire dont le Front de gauche préconise la création.
Ce fonds serait affecté au financement de dépenses publiques répondant à des critères soigneusement vérifiés d’efficacité économique (création de valeur ajoutée dans les territoires), sociale (sécurisation de l’emploi et de la formation) et écologique (économies d’énergies et de ressources naturelles).
Ainsi, pour le Front de gauche, la réorientation de l’action de la BCE n’est pas un instrument magique pour résoudre la crise à la place des peuples?: c’est l’enjeu d’un combat qui concerne tous les citoyens.