Lundi 14 décembre sur RTL, François Hollande a précisé la réforme des retraites qu'il entend mettre en œuvre s’il était élu Président de la République. Ceux qui ont commencé à "travailler à 18 ans" et qui cumulent "41 ou 42 années de cotisations" pourront partir en retraite à 60 ans.
C’est un peu court.
Où est passé l'engagement du projet socialiste de rétablir l'âge légal de départ en retraite à 60 ans ? François Hollande recule aussi sur la pénibilité.
Alors que l'accord EELV-PS stipule que le droit de partir à 60 ans sera rétabli pour ceux ayant commencé à travailler tôt et ayant exercé des métiers pénibles, le candidat socialiste a confirmé qu'un départ anticipé à 60 ans ne sera pas automatique mais que les conditions seraient renvoyées à une négociation entre partenaires sociaux.
Quelle audace !
Avec Hollande à l'Elysée, le MEDEF et les marchés financiers peuvent dormir tranquille...D'ailleurs, il estime être mieux en capacité de rassurer les marchés financiers que Sarkozy...C'est tout un programme !
Le candidat socialiste met le cap à droite et tend déjà la main à Bayrou.
Il nous prépare un mauvais remake de la période Jospin où la gauche plurielle, avec ses ministres Aubry, Strauss-Kahn mais aussi Mélenchon-Buffet - etc...avait privatisé à tour de bras et entrainé la déception populaire qui a débouché sur le retour de la droite. Ce n'est pas ce que la gauche attend.
Pour rassembler, pour répondre aux enjeux de la période, la gauche a besoin d'une orientation différente, en rupture avec les politiques régressives des dernières années.
Il s'agit donc de rétablir la retraite à 60 ans à taux plein pour toutes et tous avec la prise en compte de la pénibilité de professions donnant droit à des départs anticipés.
Aucun salarié ne devra toucher de retraite inférieur au Smic. Le financement des retraites peut et doit être assuré, notamment par un cotisation nouvelle sur les revenus financiers des entreprises, au même taux que les cotisations employeurs sur les salaires.