Cette politique doit à mon sens s’inscrire dans une logique de satisfaction des besoins énergétiques les plus fondamentaux des peuples, sur la base d’une autre coopération énergétique mondiale, fondée sur les principes de biens communs pour les ressources énergétiques, et d’une véritable maîtrise publique et sociale de toutes les filières énergétiques.
L’accident nucléaire majeur de Fukushima vient d’ailleurs nous rappeler l’urgence de replacer hors de la sphère marchande la filière nucléaire en revoyant en profondeur, et en toute transparence, les conditions de la sûreté nucléaire. En cela, il nous interpelle sur les risques engendrés par le traitement libéral des enjeux énergétiques et climatiques.
Afin de garantir cet accès à l’énergie, notamment pour les plus pauvres, cela impose aux grandes puissances d’accentuer les efforts pour réduire rapidement les consommations énergétiques, en privilégiant les productions et les consommations non émettrices de CO2. À ce titre, un véritable pôle public de l’énergie me semble indispensable pour agir aussi sur ces trois piliers fondamentaux que sont les économies d’énergie, l’efficacité énergétique et les énergies renouvelables.
Comment agir pour une réelle protection de la biodiversité ?
C’est l’autre problématique environnementale majeure de notre siècle avec des conséquences sans doute moins visibles aujourd’hui que le changement climatique, mais tout aussi dangereuses pour l’avenir de l’humanité. C’est pourquoi, dans mon livre Pour une Terre commune », j’ai intitulé le chapitre consacré à cette question : Biodiversité : la grande menace.
Car la prise en compte de la biodiversité, et la lutte contre son érosion, suppose la mise en place de politiques publiques fortes, qu’elles soient mondiales, nationales ou locales. Les besoins de connaissance dans ce domaine sont d’ailleurs immenses pour évaluer précisément les mécanismes qui influencent l’évolution et les perturbations des écosystèmes et des espèces.
Il nous faut aussi réévaluer en permanence les politiques de conservation, pour prendre en compte la réalité, en cherchant à améliorer le fonctionnement des écosystèmes « anthropisés », c’est-à-dire marqués par la société humaine, afin que fonctionnent au mieux les processus de reproduction des espèces, la protection de la diversité biologique et la présence humaine.
Pour cela, il nous faut rappeler aussi que ce n’est pas l’homme qui tue la nature, mais que ce sont les rapports de domination des hommes entre eux qui lui nuisent gravement.
En laissant au seul capitalisme le soin de travailler le sujet, on s’expose à une réponse connue d’avance :la sauvegarde de la biodiversité par le marché. Le maintien de la biodiversité est certes un problème scientifique… mais il est aussi éminemment politique !