Congrès du Pcf : pourquoi je m'engage

Ce livre "Parce que le Parti communiste a un avenir" est un engagement clair, déterminé dans la préparation du Congrès des communistes. Aujourd'hui, plus que jamais, j'ai confiance en la force des idées communistes, au formidable potentiel des militants. Et pourtant j'ai peur.

J'ai peur d'un nouveau Congrès d’hésitation.

J'ai peur d'un nouveau Congrès qui ne serait pas à la hauteur du potentiel de la nouvelle période historique.

J'ai peur qu'une nouvelle fois se manifeste un décalage énorme entre d'une part une base militante qui aspire à la clarté, au combat, à l'action et une nouvelle direction nationale de compromis sans avenir.

Pour la première fois dans ma vie de militant, j'ai la conscience aigue que sans l'intervention des militantes et des militants pour une ligne politique claire, communiste et unitaire, avec une direction nationale décidée à la mettre en œuvre, ce Congrès pourrait être le dernier.

Soyons lucide : malheureusement, une partie de la direction nationale du Pcf, favorable à la création d'une nouvelle force politique, fait le pari de l'échec, de l'immobilisme pour tenter dans deux ans de récupérer la mise.

Soyons lucide : le choix exprimé ultra-majoritairement par les communistes lors des réunions de section et dans leur vote peut être dans les faits remis en cause par de "petits arrangements entre amis".

Soyons lucide : c'est maintenant, c'est aujourd'hui que nous devons faire entrer le communisme dans le 21e siècle, arrêter de radoter notre impuissance et nos erreurs pour nous tourner vers le futur.

Je n'ai aucune nostalgie. Je ne milite pour aucun retour en arrière.

Je ne veux pas d'une pensée communiste qui se laisse aller à la facilité de la répétition, de l'archaïsme et du dogme.

Aucun retour en arrière ne nous donnera un avenir. Et nous avons besoin d’un parti ouvert, de débat et de confrontation. Mais le débat, ce n’est pas l’absence de choix. Le respect de la diversité, ce n’est pas l’absence de majorité. La démocratie, ce n’est pas tirer à hue et à dia, c’est la capacité de dégager des choix clairs.

Alors, il est grand temps que les communistes réveillent leurs capacités créatives, leur esprit de combat et d'imagination, en un mot, le parti communiste a besoin d'une révolution.

Henri Malberg