Pour ce qui est de l’UMP et de sa candidate Valérie Pécresse, rien de bien nouveau sous le soleil. Ses promesses ne manquent pas, mais il lui est bien difficile de faire oublier la politique du gouvernement auquel elle appartient et de convaincre les Franciliens qui en ressentent durement les effets. Derrière les sourire, c’est du Sarkozy pur jus.
Son projet est clair : imposer le projet du Grand-Paris qui consiste à aménager l'Ile de France en fonction des attentes du MEDEF et de la Finance.
Avec Sarkozy-Pécresse-Parisot : les banques et la finance se sont refaits une santé et réapprovisionne la machine à spéculer, pendant que le pouvoir d’achat des salaires et des retraites est toujours en berne, que continuent à être programmés les fermetures de sites, les baisses d’effectifs, les délocalisations et les licenciements boursiers. Sans compter la casse des services publics, le droit à la santé mis à mal, les menaces sur le départ à la retraite à soixante ans.
Quant au Parti socialiste et à J. P. Huchon, il s’engage à faire de la région « un bouclier fiscal » et présente une série de propositions en matière d’emploi, de transport, de logement, de santé etc…
Il propose d’agir pour « une grande région » «une métropole rassemblée où tous les territoires sont partenaires et solidaires ». Qui pourrait se prononcer « contre des transports modernes, réguliers, ponctuels propres et sûrs », « un accès à des soins de qualité partout et pour tous », « pour la construction de logements (60 à 70.000 ?) »?.
Mais dès qu’il s’agit de passer au concret : rideau ! Le dédoublement de la ligne 13, il est contre. Pas question pour lui de réorienter les priorités du STIF, l’autorité d’organisation des transports. Il ne l'a pas fait hier, pourquoi le ferait-il demain?
Voter Huchon, c'est donc voter pour que continue l'enfer de la ligne 13!
Quant à sur la question des financements, pourtant essentielle, le parti socialiste reste évasif. Ce n’est pas aux habitants de payer par des impôts locaux les décennies de retard d’investissement.
La santé et la casse des hôpitaux ? Le maire de Paris B. Delanoë et son son adjoint socialiste J.M. Leguen ont voté le programme de restructuration de l’AP-HP et font mine de découvrir aujourd’hui que cela conduit à la disparition de milliers d’emplois dans les hôpitaux.
Et la retraite ? M. Aubry, F. Hollande, S. Royal et les autres leaders du PS, tout comme Zapatéro en Espagne et Papandréou en Grèce, sont gagnés à l’idée de reculer l’âge de la retraite à 62 ans, voire plus.
Dans ces conditions, voter Huchon, c’est encourager le PS à s’aligner sur les positions de la droite sarkozyste sur cette question.

Continuer de gérer comme avant ? Mais c’est oublier que nous n’avons plus en face de nous la même droite, il ne s’agit pas seulement de poursuivre une politique d’ailleurs fondamentalement d’inspiration social-libérale, mais de changer de braquet.
La gauche doit regarder le monde en face et l’énormité des enjeux. Elle doit dire comment elle entend faire de l’Ile de France un point d’appui pour le changement.

L’idée grandit qu’il faut faire autrement, mais l’idée que la gauche n’est pas à la hauteur reste présente. C’est à cela qu’il faut remédier, et il est grand temps. On nous parlera encore longtemps du dédoublement de la ligne 13, si l'Etat ne prend pas en charge 50% des investissements dans les transports en commun, si la contribution des entreprises à l'effort de transport ne double pas (3milliards d'euros), si n'est pas créée une taxe supplémentaire pour les grandes surfaces commerciales et les promoteurs immobiliers qui bénéficient le plus des transports publics.

Ce sont ces propositions que porte la liste du "Front de Gauche" conduite par Pierre Laurent. Voilà qui donne du sens au vote en sa faveur. Il en est de même concernant le développement économique. Il ne suffit plus d’annoncer la création d’emplois ou de pépinières d’entreprises. Il faut avoir le courage d’arrêter de subventionner des entreprises qui licencient en faisant des bénéfices.
Il convient de réorienter l’argent par une maîtrise publique du crédit et une application de critères stricts pour les aides publiques, développer l’emploi et contribuer à créer un service public de l’emploi et de la formation.
Il faut cesser les cadeaux régionaux aux capitalistes et utiliser ces sommes pour abonder un fonds régional pour l’emploi, en appui sur les propositions alternatives des salariés et des élus afin de prendre en charge une partie des intérêts des emprunts des entreprises dès lors qu’ils sont consacrés à créer des emplois et\ou à mieux former le personnel.
Cela aurait un effet levier important et contraindrait les banques à financer non la spéculation mais l’activité économique et la création d’emploi.

Le Front de Gauche ne doit être ni un assemblage de groupuscules fantomatiques, ni se limiter à un rassemblement de la gauche de la gauche et encore moins être une rampe de lancement pour les Présidentielles de politicien en rupture de banc avec le PS. C'est un projet d'union populaire visant à rassembler les salariés, la classe laborieuse autour de contenus transformateurs.
C'’est un projet audacieux de changement, un projet qui s’attaque frontalement aux logiques capitalistes et défriche de nouveaux chemins. C’est enraciner la gauche à gauche.
Remettre ses pieds dans les pas d’hier, ce serait à coup sûr créer de terribles désillusions. Ne l'oublions pas, en 2004 la gauche l'a emporté dans 20 régions sur 22, cependant en 2007, nous avons eu Sarkozy. Il faut savoir en tirer les vraies leçons.
Oui il faut que la gauche l'emporte en Île de France et dans les autres régions, mais pour préparer l'avenir, il est impératif de porter des mesures en rupture avec les logiques libérales. C'est en cela que le vote en faveur de la liste du "Front de Gauche" conduite par Pierre Laurent, le 14 mars prochain s'avère d'une grande utilité.