Depuis le milieu des années 1990, les écarts salariaux se sont creusés entre les salariés les mieux payés et les autres catégories.
Dans une masse salariale qui relativement à la valeur ajoutée s’est réduite, la part revenant aux salariés modestes et moyens a diminué de plus de 2 points en trente ans. À l’inverse, les 200?000 salariés les mieux payés ont vu leur part dans la masse salariale quasiment doubler. La garantie d’une rémunération stable est une urgence.
La dégradation du revenu salarial touche en priorité les jeunes, les femmes et les salariés peu qualifiés. Elle provient à la fois d’inégalités dans le salaire journalier et de différences dans le nombre de jours rémunérés annuellement. Le nombre de ces travailleuses et travailleurs partiellement salariés sur une année ne cesse d’augmenter. Il a doublé en trente ans.
Cette précarité touche désormais plus du tiers du salariat. La crise actuelle met en exergue le besoin d’une nouvelle stratégie de développement social, économique et environnemental, ce qui suppose évidemment une relance des salaires liée à une nouvelle approche du travail.
«?Soigner?» le travail est une priorité. Cela nécessite de desserrer l’étau du financement qui étrangle les entreprises et de donner la priorité au développement des capacités humaines.
Le message doit être clair?: il ne s’agit pas seulement de «?revaloriser?» le travail. Il s’agit de faire des propositions afin de le mettre au service de la satisfaction des besoins humains fondamentaux?: la santé, l’habitat, la préservation de la planète, l’alimentation, la culture, la communication, l’information. Répondre à ces besoins nécessite de reconsidérer le travail, sa place, son rôle, son contenu et les capacités créatives de l’homme qui s’y expriment.
La bataille sur le Smic engage un affrontement sans précédent de critères, de normes et de valeurs. Une politique globale du travail est un levier prioritaire pour la sortie de crise.