1) C’est le cas pour la démocratie interne.

Plusieurs camarades avaient pourtant critiqué assez fortement les comportements de la direction nationale à la veille de conférences fédérales et surtout après la tenue de nombreuses conférences fédérales de la totalité des assemblées de sections qui n’ont donc pas pu en discuter.
Étaient visés, des initiatives portant atteinte à la démocratie et à la souveraineté des adhérents et qui semblent rendre le congrès d'étape bien inutile, puisque tout semble décider d'avance...:
a) le texte de Pierre Laurent publié dans l’humanité.

b) les choix de Marie George Buffet (PCF), qui avec Jean-Luc Mélenchon (Parti de gauche) et Christian Picquet (Gauche unitaire) se sont rencontrés pour activer le «comité de liaison du programme partagé du Front de gauche». Ils ont décidé, d'en haut, pour ceux qui ne souhaitent pas adhérer aux partis respectifs, la création d’une association des «partisans du Front de gauche.» Voilà qui ressemble fort à une adhésion directe à cette nouvelle structure et dont les communistes ne veulent pas.
Ces écrit et ces actes engagent de fait, à la fois le rapport qui sera fait devant le congrès et ses conclusions avant toute discussion ! Cette façon de faire relève d’une méthode qui va au rebours des transformations démocratiques profondes souhaitées par les adhérents et qui sont à l’ordre du jour du congrès d’étape !
Les communistes étaient en droit de d’attendre, de M. G. Buffet, qui passe enfin la main, et de son successeur intronisé, un autre comportement. Visiblement l’ancien pèse sur le nouveau, la démocratie attendra.
Ce « pré rapport » ou cette « pré résolution » du congrès, cette démarche de Marie George Buffet et de Pierre Laurent, auraient du être proposés au débat avant l’ouverture des conférences de section.
Voilà pour la forme et la démocratie.
Rien n’est dit a ce propos dans le compte-rendu fédéral, qui banalise le texte deux, et qui plus est, n’indique pas pourquoi il n’a pas été possible d’introduire l’idée que l’implantation du PCF sur les lieux de travail, demandée à plusieurs reprises, était un enjeu.
Est-ce la marque que l’on baisse les bras, car c’est trop dur d’affronter le patronat sur les lieux d’exploitation et l’Etat dans les administrations et services publics?
Le compte-rendu sur le texte 2 contient un chapitre énumérant une litanie autour du déclin du PCF et une supplique sur les départs théâtralement orchestrés de quelques dizaines de communistes et d’élus qui pour beaucoup s’étaient éloignés depuis longtemps de la politique du PCF, au point d’avoir soutenu pour nombre d’entre eux, - à commencer par P. Braouezec, la candidature de José Bové (aujourd’hui rallié au libéral et pro maastrichien Cohn-Bendit).
Sur la protestation de certains camarades une phrase a été ajoutée sur le potentiel de développement du PCF, mais le texte reste très déséquilibré.
2) C’est le cas pour le débat de fond.
Aucune réflexion sur l’actualité et l’exigence du communisme dans le monde et en France. Rien sur sa traduction dans la bataille d’idée et les luttes permettant l’expérimentation à partir des aspirations populaires.
Nombre de camarades se sont élevés contre la façon dont l’échéance électorale de 2012 est traitée dans le débat d’orientations. On ne trouve nulle trace dans ce compte-rendu de la montée du rejet de l’attitude politicienne de Mélenchon et de l’énoncé de candidatures communistes rassembleuses possibles. Comme s’il ne fallait pas fâcher le petit cénacle de sommet PG-PCF.
C’est confirmé par le choix réducteur de notre direction fédérale sortante qui, avant même le congrès, reprend dans l’édito de sa lettre bimensuelle, quasiment mot à mot, le texte de Pierre Laurent.
La messe étant dite d’avance et le Congrès ne servant visiblement pas à grand chose.
Bien sûr, l’idée de résistance est présente, et des camarades optimistes y verront l’affirmation d’un souffle nouveau. Mais ce qui frappe, c’est que cette résistance est énoncée sans réelles liaisons vers les constructions nécessaires d’alternatives dans les luttes.
Dans le texte de Pierre Laurent, le lien est réduit à un seul mot « ensuite ». La notion de fronts de luttes, adoptée au précédent congrès, est évacuée. Le grand risque c’est que la césure demeure entre luttes, expérimentations d’appropriation et la construction politique.
Il fallait construire le projet alternatif et les candidatures dans les fronts luttes et non pas en dehors, et en impliquant les élus. Nous devons faire en sorte que les candidats et (notamment pour la présidentielle) soient des candidats qui s’appuient sur, et poussent, des formes originales d’intervention populaire visant le dépassement du capitalisme.
C’est donc à l’opposé de la proposition d’un processus piloté d’en haut, visant à la rédaction d’un pacte d’union populaire, couronné par des sommets nationaux. Cette façon de faire, technocratique et électoraliste, échouerait.
Au contraire, avec un rassemblement élaboré dans les luttes, nous éviterions le risque de jouer une fois encore la comédie de « la gauche de la gauche » ou l’épisode infantile et tragico-comique des comités antilibéraux. Nous devrions rassembler sur des réponses transformatrices à la hauteur de la crise en visant l’intervention vers toute la gauche.
C’est un nouveau rassemblement populaire majoritaire qu’il faut construire.
Pour être concret, des camarades ont proposé une action précise cordonnée au niveau fédéral, dans chaque ville, sur la question de l’utilisation de l’argent et du secteur Bancaire et assurantiel, proposition dont on ne trouve aucune trace dans le compte-rendu.
Car les communistes ont des idées, la novation peut porter entre autres sur l’utilisation de l’argent et des richesses, sur le crédit notamment en liaison avec les retraites ou le logement.
Visiblement la direction fédérale n’est pas dans cette démarche…
Le 35e congrès doit nous sortir des ornières et du marasme. Il doit nous sortir d’une conception politicienne où stratégies et luttes d’expérimentations et d’appropriation populaire sont séparées.
Il doit également nous sortir de l’attitude d’effacement du Pcf. Chassé par la porte au dernier congrès de par la volonté de la très grande majorité des communistes, cet effacement peut, avec les meilleurs intentions et si nous n’y prenons garde, rentrer par la fenêtre de ce congrès d’étape !
Le PCF n'a pas vocation à se diluer dans le Front de Gauche. Aucun dépassement du capitalisme, aucune sortie de crise n'est possible sans un renforcement du PCF, de ses forces militantes, de sa capacité d'intervention et de ses résultats électoraux.
L’annonce d'une association par Mélenchon et MG Buffet, pour les sympathisants du Front de gauche relance le processus d'un parti attrape-tout genre "Die linke" ou encore plus gravement, peut nous conduire à une situation à l'italienne ou espagnole dans laquelle les communistes sont tombés dans le trou noir de l'existence virtuelle. A force de se rénover, ils n'existent plus!
Pourtant la crise du capitalisme est profonde et marque les esprits, stimule les aspirations à une autre société et ouvre de nouveaux espaces. Jamais un parti clairement communiste n’a été aussi nécessaire.
Comme le dit tout de même, le relevé des discussions du 92, cela inclut une nécessaire analyse visant à dégager le peuple du piège institutionnel dans lequel la pensée révolutionnaire est engluée dans notre pays.