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Selon un sondage BVA, le plan pauvreté présenté cette semaine par le Premier ministre n'a pas convaincu.
Y compris à gauche, puisque les sympathisants socialistes sont maintenant une majorité à trouver Hollande « pas assez à gauche ».
En cause aussi, la non nationalisation de Florange.
Car 3 Français sur 4 sont favorables à une intervention de l'Etat pour empêcher la fermeture des entreprises.
Ce sondage, réalisé pour i<télé et diffusé ce vendredi soir, montre qu'une majorité des Français, 52 %, reste sceptique sur le contenu du plan pauvreté présenté par Jean-Marc Ayrault cette semaine.
Ce plan propose entre autres une légère augmentation du RSA, 8000 places d'hébergement d'urgence supplémentaires, une allocation pour les moins de 25 ans en difficulté, un registre pour éviter le surendettement, l’extension de la CMU et un plan distinct pour l'Outre-mer. Lire RSA, hébergement d'urgence, CMU... Les mesures Ayrault contre la pauvreté paraissent bien maigre et pas à la hauteur.
Ce plan crée certes de très forts clivages politiques : 78% de soutien à gauche, 17% à droite.
Mais les Français interrogés sont de plus en plus nombreux, près d'un tiers, à ne pas trouver le gouvernement assez à gauche, soit + 6 % en un mois.
Autre signe, plus de la moitié des Français se disant de gauche, trouvent que François Hollande n'est pas assez à gauche, en hausse de 11 %. Les femmes sont 78% à penser que l'Etat et les pouvoirs publics sont dans leur rôle quand ils tentent d'empêcher la fermeture d'entreprises, contre 72% pour les hommes. Par catégorie d'âge, ce sont les 35-49 ans qui partagent le plus ce jugement, à 80%, tout comme les catégories dites populaires (82%) et les peu ou pas diplômés (83%). Traduisant l'inquiétude et le mécontentement des électeurs et de nombreux militants socialistes, des voix s’élèvent au sein même du PS. Outre la sénatrice M.N. Lienemann et E. Maurel, représentant de l'aile gauche du PS, d'autres se font entendre.
A Clichy même, plusieurs élus socialistes -dont des maires-adjoints- s’inquiètent des coupes sombres prévues dans le budget d'austérité envisagé par le maire socialiste G. Catoire.
Une quinzaine de députés et élus socialistes viennent ainsi d'écrire au président François Hollande pour lui demander de modifier son cap afin de répondre à «l’aspiration légitime des salariés et des ouvriers modestes à améliorer leurs conditions de vie matérielles». «Il est urgent de remettre l’agenda économique et social en tête des priorités de l’action gouvernementale», écrivent ils.
Même préoccupation chez P. Laurent (PCF) qui incite Hollande" a changer de cap". L'appel pour l'instant, reste sans écho : ainsi aucun coup de pouce n'est prévu pour le SMIC au 1er janvier.
D'évidence, la mobilisation des salariés doit gagner en ampleur pour pouvoir peser davantage face au forcing du MEDEF qui garde l'oreille du gouvernement.