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Dieu merci, ces élections vont nous débarrasser de Sarkozy et de l'arrogance de sa bande du Fouquet's. Mais se pose dès maintenant la question-clé des contenus du changement.
François Hollande a indiqué mardi que s'il était élu le 6 mai prochain, il soumettrait aux partenaires sociaux la question d'une revalorisation du Smic dès juin.
Mais il évoque un simple coup de pouce et non une augmentation significative du SMIC et des retraites. Ça ne fait pas le compte!
Le candidat socialiste reste très timoré sur la question, très loin de la proposition du Front de gauche d'augmenter tout de suite le Smic à 1700 euros brut par mois.
Interrogé sur des propos du candidat du Front de gauche Jean-Luc Mélenchon assurant que l'augmentation du Smic faisait partie "des figures imposées" quand la gauche arrive au pouvoir, M. Hollande a affirmé : "Moi je ne suis pas dans les figures imposées, je suis dans une figure qui doit réussir et qui ne doit pas promettre ce qu'elle ne peut pas tenir."
François Hollande ne promet rien. "Il faudra voir ce qu'il est possible de faire", explique-t-il, "puisque le Smic n'a pas reçu de coup de pouce depuis au moins 3 ans. Il y aura deux choses:
- "la concertation avec les partenaires sociaux (...) sur l'ensemble des sujets sociaux de la rentrée et notamment le coup de pouce sur le Smic puisqu'il doit intervenir au mois de juin, la date a changé mais c'était au mois de juin jusque-là",
- "deuxièmement pour l'avenir, pas simplement pour 2012 mais pour les années du quinquennat, le Smic sera non seulement garanti au niveau des prix, donc indexé, et en même temps lié à la croissance (...) Chaque fois qu'il y aura plus de croissance il y aura un coup de pouce au Smic".
C'est le couplet du "on verra"... qu'entonne le champion de la gauche molle prisonnier du social-libéralisme et toujours tétanisé par les marchés financiers.
Avant de nous expliquer le moment venu que rien n'est possible et que l'austérité est inévitable ? Attention au marché de dupe ! Au PS, comme on l'a vu avec le gouvernement Jospin et le vote des parlementaires pour le Traité de Lisbonne pourtant refusé par le peuple français, la tendance à céder à la Droite, à la finance et aux patrons est permanente.
Mais les français ne veulent pas de changement en trompe l'oeil . Ils refusent l'austérité imposée par Sarkozy, ils ne l'accepteraient pas davantage avec Hollande.
Ils veulent le SMIC à 1700 euros brut tout de suite, le retour à la retraite à 60 ans à taux plein, la réorientation totale de l'Europe, et un gouvernement menant une véritable politique de gauche.
Ils veulent un gouvernement et une majorité de députés prêts à en découdre avec les marchés financiers pour sortir le pays de leurs griffes. Est-ce impossible ?
Non, pour cela il faut un score très élevé du Front de gauche et de son candidat J.L. Mélenchon à la Présidentielle et un nombre très importants de députés communistes et Front de Gauche à l'assemblée nationale, pour contraindre Hollande, une fois élu, à entendre les aspirations populaires et à s'engager sur la voie du changement à gauche.
Car si Hollande et son gouvernement ne s'attaquent pas demain à la domination des marchés financiers et restent accrochés au catéchisme libéral de l'Europe et du Traité de Lisbonne, ils iront droit dans le mur, comme ses amis Papandréou en Grèce et Zapatero en Espagne.
Faute de s'attaquer à la finance, le programme d'Hollande est incohérent.
On voit l'importance d'accélérer le rassemblement en cours autour de la dynamique du Front de Gauche. C'est la seule façon de faire bouger les lignes à gauche, de sorte qu'une fois notre peuple enfin débarrassé de Sarkozy, l'élection d'Hollande débouche non sur de nouvelles déceptions mais sur une transformation progressiste de notre société.