En quelques mois, les assauts de propagande présentant l’abolition de la retraite à 60 ans comme une conséquence incontournable de l’augmentation de l’espérance de vie se sont finalement brisés sur la lucidité de l’opinion publique.
Cette cinquième journée de mobilisation depuis la rentrée était selon les syndicats du niveau des précédents défilés du samedi 2 octobre, seul élément de comparaison valable à leurs yeux.
"Il faut que le gouvernement ait la responsabilité au dernier moment de suspendre le débat parlementaire et de nous permettre d'ouvrir le dialogue", a déclaré François Chérèque, le numéro un de la CFDT, en tête du cortège parisien.
"Cela montre la détermination qui se confirme de ce mouvement d'ampleur inégalée depuis de nombreuses années", a déclaré le leader de la CGT, Bernard Thibault.
Dans une lettre ouverte à Sarkozy, le secrétaire national du PCF Pierre Laurent a demandé samedi à Nicolas Sarkozy de retirer le projet de loi sur les retraites. Pour lui, "la mobilisation de ce samedi vient de montrer à nouveau l'exceptionnelle détermination du peuple français à faire échec au projet (...) vous ne vous en sortirez pas en continuant de marteler une position désormais intenable alors que 6 Français-e-s sur 10 pensent qu'une autre réforme des retraites est possible".
Dénonçant les "coups de forces répétés au Parlement", les "mesures répressives contre la jeunesse, le secrétaire national du PCF ajoute que "ne pas rouvrir la discussion avec les organisations syndicales sur des bases totalement nouvelles, c'est bafouer la démocratie" et que Nicolas Sarkozy est "aujourd'hui le président d'une minorité" dont il "s'acharne à servir les intérêts privés".
Le conflit qui oppose Nicolas Sarkozy à la majorité du peuple français prend une tournure plus aiguë.
Dans un affrontement d’une telle portée, qui met en lumière le caractère régressif et antihumaniste du capitalisme et des politiques néolibérales, un gouvernement lié aux milieux d’affaires, comme Éric Woerth est lié à Mme?Bettencourt, ne renoncera à sa charge contre les retraites que devant la force du nombre et la pertinence des idées.
L’une comme l’autre sont du côté du monde du travail et de la jeunesse.