Jusque-là, cultiver la terre visait à nourrir les hommes.
Aujourd’hui, des spéculateurs pèsent à la baisse sur les cours agricoles, mettant ainsi les paysans du Burkina Faso en concurrence avec ceux de Californie ou de la Beauce et des producteurs de tomates du Lot et Garonne avec la production de l’industrie de la tomate polonaise.
L’agriculteur européen est subventionné pour qu’il se taise sur la non rémunération de son travail et ses productions sont exportées pour concurrencer les cultures vivrières en Afrique ou en Asie. Et l’agriculteur brésilien ou africain est contraint lui aussi à produire des cultures d’exportation sur injonction du Fond mondial international. Telle est la nature du marché mondial capitaliste. Tout ceci au seul bénéfice des mêmes profiteurs et spéculateurs.
Il est temps de repenser les politiques agricoles mondiales, en les basant sur l’impérieuse nécessité de partir ou de repartir des souveraineté alimentaires de chaque peuple, sur une planète où primerait la coopération entre les êtres humains et non plus la concurrence et les divisions.
Il est urgent et fondamental de revenir au juste prix du travail des agriculteurs où qu’ils soient sur la planète. Et refuser de se laisser ligoter par les multinationales qui veulent empêcher les paysans d’utiliser leurs semences, issues de leur récolte.
En même temps, il y a urgence à privilégier une agriculture productive respectueuse de l’environnement et de la qualité alimentaire. Seule l’agriculture faite par des paysans le garantit. Mieux beaucoup d’études économiques montrent désormais que c’est l’exploitation familiale à taille humaine qui permet de dégager le meilleur revenu et de préserver la santé des producteurs agricoles.
L’agriculture industrielle tourne le dos à ces objectifs. Il y a urgence à ce que les puissants de ce monde cessent d’octroyer les crédits aux pays en voie de développement, uniquement en fonction des critères du remboursement de leurs dettes. C’est-à-dire en les mettant dans l’obligation de produire des cultures d’exportation au détriment de leur propre nourriture, d’autres agriculteurs, de l’emploi global et de l’environnement.
La famine crée ainsi de plus en plus « d’immigrés de la faim » qui courent, souvent au péril de leur vie, rejoindre un éventuel eldorado. Or, arrivés au Nord, ils découvrent de nouveaux enfers.
Le monde ne peut plus aller ainsi.
L’insécurité alimentaire et les risques de manque d’eau, génèrent des insécurités, des conflits et peut-être des guerres demain. C’est ce que feignent de ne pas voir les puissants de ce monde en délaissant le sommet de la FAO et en ne tenant aucune de leurs promesses en matière d’aide publique au développement.
Qu’ils écoutent enfin le puissant cri de la famine ! Le cri de plus d’un milliards d’hommes, de femmes et d’enfants.