L’agence de notation Standard & Poors, elle-même, écrit dans l’argumentaire du rapport proposant la dégradation de la note AAA de la France que : « un processus basé sur le seul pilier de l’austérité risque d’aller à l’encontre du but recherché à mesure que la demande diminue… ».
Tout ce petit monde capitaliste a donc parfaitement conscience qu’y compris la reproduction du taux de profit, ne peut se faire indéfiniment en dehors de toute production de richesses réelles, c’est-à-dire en dehors de tout investissement dans l’appareil productif et surtout en dehors de l’intervention de l’homme et de la mobilisation de ses capacités.
Mais pour les marchés, le seul moyen envisageable pour atteindre cet objectif, est de conduire les salariés à accepter de nouveaux sacrifices : baisse des salaires, des garanties de protection sociale, dégradation des conditions d’emplois.

Le credo capitaliste de la nécessité de baisser les charges sociales des patrons, via la TVA sociale ou en multipliant les exonérations ne mène à rien, si ce n'est à accroître les profits et a assécher le financement de la protection sociale. Cette illusion du bien fondé de la baisse du coût du travail qui a servi d'arrière fond au pseudo sommet social de Sarkozy, malgré le démenti des faits, est encore malheureusement partagée par le PS et F. Hollande.
En arrière-plan idéologique est le sempiternel et réactionnaire refrain de l’union sacrée : "tous unis, patrons, ouvriers, droite, gauche, contre la crise"...
Mais la crise ne tombe pas du ciel : elle vient du règne du capitalisme financier, qu'a part le PCF et le Front de gauche, personne ne veut sérieusement remettre en cause..
Se manifeste de façon éclatante à cette occasion la contradiction du système qui caractérise d’ailleurs la profondeur de sa crise et exige de la part des communistes, de porter des propositions à la hauteur et précises, pour un projet radical de construction alternative.
A sa manière, F. Hollande exprime la même contradiction avec ses propositions de suppression du quotient familial et de fusion de l’Impôt sur le Revenu et de la CSG.
Il faut de nouvelles recettes fiscales, mais il ne faudrait surtout pas toucher aux revenus des plus riches, des entreprises et du capital. Et en plus ces nouvelles recettes ne seraient destinées qu’à rembourser le déficit.
Pour mettre en phase la campagne électorale avec les nouvelles exigences politiques et sociales de la période, il convient de monter beaucoup plus haut la question d’une autre utilisation de l’argent ; c’est-à-dire : une autre politique du crédit par sa bonification, le rôle de l’Euro et de la BCE, une réforme de la fiscalité mais sans jouer au Monsieur Plus de la fiscalité.
Croire qu'une réforme de la fiscalité suffirait en soi à résoudre la crise, y compris celle de la dette, est encore une illusion. Il faut s'attaquer aux causes structurelles de la crise, à l'utilisation de l'argent dans notre pays et en Europe.
Ainsi, l'économiste et spécialiste de la fiscalité J.M. Durand estime : "A titre de comparaison une réforme fiscale pourrait rapporter jusqu’à 200 Milliards d’Euros, mais la création monétaire c’est beaucoup plus. Par exemple 1700 milliards d’Euros crées au niveau européen lors de la crise des « subprimes ».
On mesure les possibilités que ce levier de la création monétaire pourrait offrir en termes de réponses aux besoins sociaux et de développement des capacités humaines.
Il convient pour assurer une autre orientation du crédit de nationaliser le système bancaire et les assurances, institutions fortement intriquées pour créer un pôle public : BNP, Crédit Lyonnais, Société générale, CDC etc..
Et cette autre utilisation de l’argent serait pour l’emploi et les services publics avec de nouveaux critères de gestions et de nouveaux pouvoirs de décision pour les salariés. S’agissant du crédit, une précision. Le 8 décembre dernier, la BCE a autorisé les banques centrales des divers pays membres de la zone euro à décider de leur politique du crédit. Une bonne occasion pour commencer par leur imposer d’utiliser ce dernier pour favoriser les investissements créateurs de bons emplois.