1- Les propositions de F. Hollande:
- Une Banque publique d'investissement dotés de fonds régionaux. Alimentée par l'essor des « Livrets A », dont le plafond serait doublé, elle s'appuierait sur les Régions et la prise de contrôle publique d'entreprises pour soutenir les PME et les filières d'avenir;
- Un livret d'épargne -industrie dédié au financement des PME (proposition de la CGT);
- Un redéploiement des aides publiques et des allègements fiscaux vers les entreprises investissant e n France et qui sont offensives à l'exportation, remboursement des aides publiques pour les entreprises qui délocalisent;
- Une fiscalité incitative des entreprises avec augmentation de l'IS pour corriger l'inégalité d'imposition dont souffrent les PME, modulation du taux de l'IS pour encourager l'investissement des profits dans l'activité en France; - Une réforme bancaire pour « mettre les banques au service de l'économie : séparation des activités spéculatives, interdiction d'exercer dans les paradis fiscaux, augmentation de 15% de la taxation des bénéfices des banques...
Cela suffit il pour se dégager des griffes du marchés financiers et relancer la croissance et l'emploi ? Nous pensons que ces propositions ne sont pas à la hauteur et le PCF et le Front de gauche ont dans leur programme des propositions constructives.
2-Proposition du PCF et du FDG : un pôle financier public développant un nouveau crédit:
Nous pouvons, avec nos propositions, articuler l'impulsion publique (crédit, épargne et fiscalité) et, éventuellement, une politique de prises de participations publiques, assortie de nouveaux pouvoirs des salariés pour faire avancer des critères de gestion d'efficacité sociale, au développement voulu de l'investissement réel et du redressement de la production et des filières nationales en France.
Mais, pour réussir, au lieu de développer de nouveaux gâchis de capitaux, il faut un conditionner le crédit aux développement des emplois, des formations et des salaires.
S'agissant des banques, les intentions affichées par Hollande ouvrent une porte, mais révèlent une grande sous-estimation de l'ampleur des transformations à opérer.
Par exemple, il ne dit pas un mot du besoin de recapitalisation des banques françaises chiffré à 9 milliards d'euros. Pourquoi? Entend-il les laisser lever l'argent nécessaire en bourse, sur les marchés financiers? Si oui, alors comment peut-il prétendre les détourner de la spéculation?
Face à cela, nous pouvons faire avancer l'exigence d'une appropriation sociale (cela a commencé avec Dexia re-nationalisée) et de la construction, à partir de la CDC, d'un pôle bancaire et financier public pour une maitrise sociale et démocratique, nationale et régionale du crédit, avec de nouveaux pouvoirs d'intervention et de contrôle des salariés et des usagers. Et ce, dans la perspective d'une nationalisation de l'ensemble du système bancaire ( BNP, Crédit Lyonnais, Société générale, etc...)
F. Hollande fait en partie écho à ces idées qui ont beaucoup progressé depuis dix ans. Cependant, il insiste surtout sur l'appel à l'épargne et n'envisage aucun changement des critères du crédit.
C'est là, une grave illusion : on ne peut compter sur le bon vouloir des banquiers!
Le crédit ne doit pas pouvoir servir à relancer la spéculation : c'est pourquoi il doit être conditionné à des exigences de création d'emplois, de formation, de salaire, d'amélioration de la protection de l'environnement.
Hollande parle de créer une banque publique pour soutenir l'investissement, c'est à dire l'accumulation de capital, mais sans évoquer de conditionnalité pour l'emploi, la formation, le salaires.
Pourtant, il dit souhaiter que le crédit bancaire serve plus à soutenir la croissance réelle et à consolider l'emploi. Mais, il ne suffit pas de le souhaiter pour que ça se réalise, surtout si on encourage les banques à faire appel à la Bourse!
Alors, disons le haut et fort: Il faut un nouveau crédit bancaire pour l'investissement matériel et de recherche des entreprises; son taux d'intérêt doit être d'autant plus abaissé, jusqu'à être nul, voire négatif (avec, donc, une diminution des remboursements), que seraient programmés plus d'emplois et de formations correctement rémunérés.
De même, comment prétendre réorienter le crédit si, comme F. Hollande, on n'évoque à aucun moment de changer le refinancement des banques ordinaires par la BCE?
Si on se contente d'en appeler à une baisse du taux d'intérêt de la BCE, cela peut relancer de plus bel la spéculation. On voit ce que font les banques des 1000 milliards d'euros qui leur ont été prêtés à 1% sur trois ans : elles ont relancé leurs activité spéculatives!
Nous pouvons faire avancer la proposition que le taux d'intérêt de la BCE soit d'autant plus abaissé, jusqu'à 0%, que les crédits bancaires re-financés servent à des investissements programmant plus d'emplois, de formations, de masse salariale, tandis que seraient pénalisés les crédits pour les placements financiers et la spéculation.