Selon vous, quelle Europe prépare ce traité ?
J. Guedj.Il s'agit d'un fédéralisme autoritaire à la Merkel. Je ne veux pas de l'austérité gravée dans le marbre.
Elle empêcherait la relance keynésienne de la croissance qui est nécessaire pour sortir de la crise.__
Nous devons construire un autre type de fédéralisme, politique et social, sur une base démocratiquement élue.
Votre position est minoritaire à l'Assemblée. Le combat est-il vain ?
J.Guedj.Bien sûr que le traité va être ratifié. Je suis lucide sur la question. Mais il y a entre nous et le reste du PS une différence de stratégie.
On a accepté pendant longtemps la politique des petits pas.
On a avalé le traité d'Amsterdam, le TCE, le traité de Lisbonne, et chaque fois on nous disait que ça s'améliorerait après.
On a vu ce que ça a donné. Nous voulons construire un autre rapport de force et poser d'ores et déjà les bases d'une renégociation du TSCG.
En réalité il est déjà caduc, parce que ça va être impossible de tenir ce rigorisme budgétaire.
Le débat va traverser le pays, il est normal qu'il ait lieu au PS, que le parti soit au diapason de la société.
Interview de Nicolas Chapuis , source le Nouvel Observateur