Elle a la figure familière de M. Barroso qui, au nom de la Commission de Bruxelles, va imposer une nouvelle cure d’austérité à un peuple qui vient déjà d’en subir une très violente. Mais chacun a en mémoire comment ce tandem a laissé la Grèce, exsangue, pantelante.
Ils sont parfaitement assortis à ces agences de notation qui provoquent l’envolée des coûts de refinancement de la dette pour le plus grand bénéfice des marchés financiers. Ces derniers n’ont pas besoin de s’agiter.
Le système roule pour eux. Ils n’ont rien à craindre de la solidarité des États européens. Les dirigeants de l’UE ont l’apparence des médecins de Molière, l’un brandit la lancette et l’autre le bassinet pour infliger la saignée.
Ainsi, Paris et Berlin ont refusé toute aide de la Banque Centrale Européenne à Lisbonne qui aurait permis d’éviter les fourches caudines.
Les hommes en noir du FMI, de la BCE et de la Commission vont débarquer avec un arsenal de mesures. Les mêmes que celles qu’ils ont appliquées à la Grèce et qui ont dévasté l’économie hellène, désormais en récession.
La dette continue à grimper et les taux à deux ans dépassent 15 %.
L’Irlande aussi vacille sous les coups qui lui sont infligés. L'Espagne risque d'être la prochaine victime. Le Vieux Continent est ravagé d’ouest en est par les oukases du libéralisme et la domination des marchés financiers. En Hongrie, les syndicalistes mobilisent avec le soutien de leurs camarades européens contre le massacre des garanties sociales des salariés..
En toile de fond se dessine le pacte de compétitivité dont les dirigeants européens veulent faire une camisole qui ligote les peuples et les États.
Le souci premier des dirigeants européens- de droite ou socialistes - est de rassurer les spéculateurs sur la capacité des Etats à rembourser les dettes publiques contractées vis à vis d'eux. Pour cela, ils sont prêt à tout et s'applique partout à réduire les dépenses publiques. Sauf les dépenses de guerre, on le voit en Libye, en Cote d'Ivoire où sont gaspillés chaque jour des millions d'euros, dans des aventures néo colonialistes pour installer dans ces pays des marionnettes défendant les intérêts des grands groupes capitalistes occidentaux. Ce pacte « euro plus », c’est une remise en cause des droits des travailleurs dans toute l’Europe par la modération salariale, le démantèlement des garanties collectives, le recul de l’âge de départ à la retraite, la hausse des impôts sur la consommation et la baisse des dépenses publiques.
Les dogmes du libéralisme et de la gouvernance capitaliste s’imposeraient au-dessus du suffrage universel.
Tout appelle une réorientation profonde de la BCE, qui ne s’obtiendra que par les luttes, pour placer l’euro et la création monétaire, le crédit au service de l’emploi, de l’investissement, du développement des services publics.
Ainsi, le PCF propose d’instaurer un fonds de développement social, financé par la Banque centrale européenne et qui prêterait aux États à condition que l’argent aille à des investissements dans les services publics, la recherche, l’innovation et à chaque fois à la création d’emplois.