D’une certaine façon, c’est logique. En bon élève d’une Europe au service des marchés financiers, le PS entend mettre en oeuvre les recommandations de la Commission européenne invitant les pays membres à repousser l’âge de la retraite .
Repousser l’age de la retraite partout en Europe jusqu’à 65 ans était un objectif clairement inscrit dans le cadre stratégique du Traité de Lisbonne approuvé en 1999, par Lionel Jospin et sa ministre du travail…une certaine Martine Aubry. Et ce report de l’age du départ en retraite est d’ailleurs effectivement mis en œuvre par les gouvernements socialistes en Espagne, en Grèce, au Portugal et ailleurs -en Allemagne et au Royaume Uni- avec l’approbation des socialistes.
En France trois millions et demi de personnes sont mobilisées et ce genre de recul social ne passe pas.
A se cramponner à ses positions actuelle, le PS risque d’y laisser des plumes.
« Tactiquement cette position est une faute car elle résonne comme une gifle claquée à la face de millions de salariés mobilisés contre le projet de Nicolas Sarkozy et de François Fillon», écrit Cherki, le maire socialiste du XIVe arrondissement de Paris. Et il craint que les électeurs socialistes jugent les positions du PS pas si éloignées de celles de Sarkozy.
H. Emmanuelli, ancien secrétaire du PS, met en garde : il redoute de voir les électeurs en arriver à la conclusion que la politique du PS, « c’est la droite en moins pire »… En effet : voter socialiste dans les conditions d’aujourd’hui serait voter pour l’allongement des durées de cotisation.
Pour J. L. Mélenchon, un ex socialiste du sérail, qui connaît bien les arcanes du PS : « Martine Aubry n'a pas l'air de comprendre que le temps où les socialistes pouvaient se débrouiller de toute situation par des ambiguïtés, des postures de gauche et des programmes droitiers, est fini. Elle ne se rend pas compte de son décalage avec la conscience sociale du pays. » .
Et il ajoute : "Elle emploie une langue mielleuse et embarrassée. Pourquoi ne dit-elle pas « retrait » comme le mouvement social ? Son expression charrie des ambiguïtés, typiques des socialistes ». A l’évidence, le développement du mouvement social peut faire bouger les lignes à gauche.
Le renforcement du PCF et de son poids électoral est absolument indispensable pour ouvrir une perspective véritablement de gauche. Seul en tant que parti, il démontre que les moyens financiers existent pour pérenniser et améliorer notre système de retraite.
Avec des propositions contenant des réformes transformatrices s’en prenant vraiment au capital et à la domination des marchés financiers.
G.D