Un métro peut en cacher un autre.

A peine l’été passé, la réalité est toute autre. L’Etat revient, certes, mais avec un autoritarisme sans précédent. En août, il fait une OPA sur le territoire de la ville de Nanterre – pour piloter en direct le doublement du quartier de la Défense. Priorité aux pôles financiers!

En septembre, Christian BLANC, secrétaire d’Etat désigné par SARKOZY pour diriger le Grand Paris, sort une loi sur les transports.
La conception pose problème : avec le métro automatique de Christian BLANC, il ne s’agit pas de desservir les villes, de mailler les territoires, de désenclaver les banlieues, mais de relier en express les centres d’affaires et les futurs « clusters » de recherche, les gares TGV et les aéroports. Va-t-on regarder passer les rames ?

Par exemple, là où les élus du Val de Marne unanimes prévoyaient 20 gares, il n’y en aurait plus que quatre. Faudrait-il encore concentrer le développement dans quelques zones au détriment des autres? Où serait le progrès, s’il n’est pas partagé par tous ? quelle avancée pour l’environnement si la banlieue est toujours aussi mal desservie par les transports et que beaucoup sont obligés de continuer à utiliser la voiture ?

Main basse sur les villes

Le besoin d’aller vite pour réaliser ce métro sert d’alibi au gouvernement pour tenter de prendre la main sur la moitié de la petite couronne. La loi BLANC invente une société du Grand Paris (la SGP, société par actions), chargée d’aménager, selon les hypothèses, 700 hectares autour de chaque nouvelle gare et tout le long du parcours. Elle aurait tous les pouvoirs sur les sols, l’urbanisme, les décisions, la gouvernance.

Un fort risque de bétonnage.



Au lieu d’empêcher la spéculation, cette Société du Grand Paris aura la charge de l’orchestrer pour l’Etat, qui cherche ainsi à financer une bonne part des projets sans y mettre un sou.
Autant de risques pour la mixité sociale : s’il faut que ça paie un maximum, pas de logements sociaux, et les logements promis ne seront pas accessibles à tous !

La remise en cause de la démocratie locale et de la décentralisation.

Et tout ce qui a été discuté avec les citoyens dans les collectivités, avec les plans locaux d’urbanisme, les schémas départementaux et régionaux, tous les projets de développement équilibrés construits avec les habitants, seraient remis en cause. Les options sur lesquelles vous avez élu il y a peu vos maires, vos conseillers généraux et régionaux aussi.

Gare au retour des grands projets technocratiques. On a encore le souvenir cuisant de ceux qui ont prévalu pour les grands ensembles ou les villes nouvelles – que les collectivités ont toutes les peines à réparer et à remailler quarante ans après.

Rien sans vous

Construire les villes dans une métropole moderne est une tâche immense. Si l’Etat veut passer en force et tout régenter, ça ne marchera pas.
La métropole ne sera réussie que si elle est solidaire, si elle s’attaque aux inégalités, si chacun est écouté et peut donner son avis.

Et cela signifie qu’il faut s’opposer à cette démarche autoritaire : ce projet de loi doit être retiré et réécrit pour répondre d’abord aux besoins des Franciliens.

  • Ne pas opposer le métro en rocade et les autres transports en commun, travailler aux dessertes les meilleures pour le plus grand nombre.
  • S’appuyer sur les structures publiques existantes telles que le Syndicat des Transports d’Ile de France (STIF), ainsi que sur les grands opérateurs : RATP, SNCF, RFF, coordonnés dans un pôle public des transports en commun parisien qui aurait pour vocation de reprendre les 40% d’activités déjà concédés à Véolia.
  • Trouver des financements non pas dans les hausses de tarifs pour les usagers, mais dans les plus-values financières réalisées par les banques et les entreprises.
  • Exiger que les collectivités locales soient pleinement associées à tous les projets de la métropole, (...)
  • Exiger qu’une véritable consultation des citoyens soit organisée sur l’ensemble de ce projet, qu’un avis conforme soit demandé à toutes les assemblées locales concernées, qu’un grand débat, un référendum, soit organisé avec la population.

Faire payer les usagers?

Le député UMP Gilles Carrez, responsable d’un groupe de travail sur le Grand Paris, propose d’augmenter les tarifs pour les usagers RATP de 2% de plus que l’inflation pendant 15 ans ! C’est comme la taxe carbone, on se trompe de poche!