C’était écrit. Noir sur blanc dans les centaines de milliers de tracts distribués pour s’opposer à la fermeture d’un hôpital local, d’un bloc opératoire ou d’une maternité.
Autour de Decazeville, des panneaux dressés au bord des routes par la population relataient, cas après cas, le triste bilan de la disparition ?de services de la maternité de la ville, qui obligeait la population à aller soit à Villefranche (trois quarts d’heure de route), Rodez (plus d’une heure) ou Cahors (près de deux heures).
Grâce à la forte mobilisation citoyenne et aux grèves à répétition du personnel, un budget a finalement été obtenu et une autorisation pour cinq ans. Mais combien d’autres établissements rayés ?d’un décret ou d’autres encore menacés, comme ?à Vire dont les habitants manifestaient le 18?septembre??
Ruraux, montagnards, habitants de zones industrielles dévastées, de chefs-lieux de canton éloignés de leur préfecture sont délaissés.
Cette géographie ?des déserts hospitaliers ne doit pas grand-chose ?à la décision individuelle des médecins mais tout ou presque à l’entreprise de démontage des pouvoirs publics.
Le nombre des maternités a diminué des deux tiers depuis 1975 et, en matière de mortalité infantile, la France n’est plus que le 31e pays au monde selon les statistiques 2011.
Jean Marty, le président du Syndicat national ?des gynécologues-obstétriciens, a mis en cause samedi ?«?la dégradation globale de la périnatalité?» et résumé?: ?«?Le drame de ce couple qui s’est retrouvé dans un isolement total est une conséquence de la politique de démobilisation et de concentration des moyens autour des capitales régionales.?»
Avant d’ajouter?: le bilan de la fermeture ?de maternités est mauvais «?sur le plan économique, ?car on a déplacé les accouchements vers des lieux ?où c’est plus cher, mais aussi en termes de sécurité?».
Voilà à quoi conduisent les politiques de réduction des dépenses publiques et de santé?!
Un drame est toujours de trop.
Qu’au moins celui-ci aboutisse à l’interdiction des fermetures d’établissements ou de services, à la réalisation d’une carte de soins fondée sur les besoins réels des populations assurant une égalité d’accès, à la prise en compte enfin de l’opinion ?des populations et des professionnels.
Cette semaine, ?le début de l’examen du projet de loi de finances ?de la Sécurité sociale à l’Assemblée nationale sera ?une première occasion de juger chacun au pied du mur.