Mais elle s’inscrit aussi dans un projet de long terme, et à l’échelle européenne : la transformation du travail pour répondre aux contradictions et aux besoins nouveaux du capitalisme.
La connaissance, les savoirs, jouent un rôle de plus en plus important dans notre économie. Le capitalisme a donc besoin de salariés plus formés, mais à moindre coût et sans que cette formation leur apporte la maîtrise de leur travail, ou qu’elle débouche sur une qualification qui leur permettrait de revendiquer de meilleurs salaires ou de meilleures conditions de travail.
Pour répondre à ce besoin, l’école doit trier les élèves de plus en plus tôt, pour minimiser les dépenses de formation, individualiser les formations, pour éviter qu’elles puissent déboucher sur des qualifications communes, et fragmenter les savoirs, pour empêcher toute maîtrise et former des exécutants dociles.
Dans un tel projet, les enseignants deviennent les instruments du tri social, en contradiction avec leurs propres aspirations, avec les aspirations légitimes des élèves et de leurs familles, avec tous les besoins de la société. alors, oui, face à la souffrance au travail des enseignants, il faut réclamer l’instauration d’une médecine du travail de qualité, mais il faut aussi s’attaquer au cœur du problème, et transformer l’école pour qu’elle réponde aux besoins sociaux.
La transformation du métier d’enseignant mise en œuvre par la droite est porteuse d’un projet de société fondé sur la concurrence entre les individus et les territoires, sur la peur de l’autre, du plus pauvre que soi, sur l’exclusion, la culpabilisation et la violence. une telle société est invivable !
Il est urgent de nous rassembler et de construire une autre école pour une autre société. Il ne s’agit pas de revenir en arrière : l’école de la république est arrivée au bout de ses potentialités. Elle est de plus en plus un outil de sélection, elle ne parvient plus à démocratiser l’accès aux savoirs depuis plusieurs décennies.
À nous donc de nous appuyer sur les contradictions du système, sur son incapacité à répondre aux aspirations à la connaissance, pour construire quelque chose de nouveau : une école de la réussite de tous, au service de l’émancipation individuelle et collective. Pour cela, le PCF peut proposer quelques axes de lutte qui paraissent essentiels.
D'abord, l’école que nous voulons doit transmettre les mêmes contenus à tous les élèves jusqu’à 16 ans. Il faut en finir avec la distinction entre un socle commun enseigné à tous et des programmes qui ne sont enseignés qu’à quelques uns.
Il faut relancer le collège unique, pour construire et transmettre à tous une culture commune ambitieuse permettant de prendre pouvoir sur le monde. Cela nécessite de repenser les programmes et les curricula sur le modèle de l’élève qui n’a que l’école pour apprendre les savoirs scolaires, pour en finir avec l’exclusion et la nécessité de refaire l’école à la maison. Cela nécessite aussi de repenser le métier d’enseignant, avec les enseignants, pour favoriser les pratiques démocratisantes.
Pour garantir l’égalité d’accès aux savoirs, l’école que nous voulons doit être un service public national. Il faut en finir avec l’autonomie des établissements et avec la prolifération des statuts.
Il faut recruter massivement du personnel sous statut de la fonction publique d’état, et travailler à faire en sorte que progressivement tous les personnels exerçant un même métier bénéficient d’un même statut.
La revalorisation du statut d’enseignant ne peut pas passer par la multiplication des tâches qu’il recouvre : enseigner est un métier à plein temps, et le statut doit donner à chacun les moyens de l’exercer au mieux. Enfin, une formation égale doit déboucher sur une qualification commune pour donner aux salariés les moyens de l’action collective et mettre l’enseignement au service des aspirations de la société.
Cette transformation progressiste de l’école va de pair avec une transformation de toute la société. reprendre le pouvoir sur notre travail et sur nos vies, cela passe aussi par la conquête de nouveaux pouvoirs pour les travailleurs dans l’entreprise, par la construction de nouveaux services publics démocratisés, qui permettent de satisfaire les besoins de la société. Et pour commencer, il est urgent de nationaliser les banques pour nous libérer des marchés financiers et reconquérir le pouvoir sur notre argent.
Personnels de l’éducation, élèves, parents, salariés, nous avons des intérêts communs, et nous ne pourrons nous en sortir qu’ensemble. ne nous laissons pas isoler et diviser par les violences que nous subissons. construisons des luttes et des propositions communes pour reprendre le pouvoir sur nos vies.