Beaujon, c’est l’inoubliable émotion de la venue au monde de nos enfants et petits enfants.
Beaujon, c’est l’accueil à proximité, en urgence, de jour comme de nuit, d’un parent ou d’un ami victime d’un pépin de santé.
Beaujon, c’est la présence de spécialités médicales de très haut renom par des équipes avisées et avenantes qui vont de l’agent de propreté au professeur de médecine.
Beaujon rasé, c’est donc le cœur de Clichy qu’ils entendent briser.
Mais, au fait, ils, c’est qui, c’est quoi, c’est pourquoi ? C’est une décision prise, hélas, par le conseil d’administration de l’assistance publique des hôpitaux de Paris, l’A.P.H.P., présidée par Bertrand Delanoë, mais en application trop docile d’une loi récente.
Une loi appelée « Hôpital, patients, santé et territoire », initiée par Nicolas Sarkozy, signée par Roselyne Bachelot et votée par les députés et sénateurs de droite.
Une loi niant, sous prétextes d’économies, le droit à la santé pour tous.
Avons-nous, par exemple, le droit d’ignorer les 4.461 sans travail de Clichy dont 1.382 non indemnisés ? Que vont-ils devenir ? Eux d’abord ?
Or, cette loi dictée par l’Europe des milliardaires, pourtant retoquée par le référendum de mai 2005, enferme les besoins humains dans de sordides calculs comptables.
Chaque région disposera d’une enveloppe financière rognée que les préfets sanitaires répartiront sans état d’âme. A l’A.P.H.P., on engage, d’ores et déjà, le regroupement des 37 hôpitaux en 12 territoires hospitaliers pour pouvoir supprimer 4.000 emplois et des services, en commençant par les urgences et la psychiatrie de Beaujon. Déjà, 200 postes ont été supprimés ces dernières années à l’hôpital clichois.
On y généralise les emplois précaires et on encourage les infirmières titulaires au départ. Selon cette loi inique, les médecins ne pourront plus donner leur avis. Tout sera commandé d’en haut et les chefs d’établissement deviendront les exécuteurs testamentaires de cette folie destructrice.
A Clichy, la directrice de l’hôpital Beaujon se distingue par son zèle en cherchant à contrecarrer le déploiement des ripostes syndicales et politiques.
Vous le voyez, chers amis, Mesdames, Messieurs, il ne s’agit pas de rumeurs. Le bulldozer chargé d’écraser la santé publique est en marche, c’est dire à quel point le danger est grand pour nous, pour vous, pour Clichy, pour les 300.000 habitants et salariés de ce secteur et pour le pays tout entier.
Chez nous, les réactions syndicales prennent de l’ampleur, les élus communistes s’en félicitent, mais ce n’est qu’un début. Il est encore temps pour contraindre le pouvoir à renoncer à son projet funeste à la condition que nous, toutes et tous, nous nous mobilisions ici et ailleurs jusqu’à obtenir gain de cause, jusqu’au retrait de la loi.
Dans l’immédiat, nous exigeons le rejet des regroupements hospitaliers et le maintien comme hôpital de plein exercice de Beaujon et sa modernisation en étroite corrélation avec les besoins et les progrès de la médecine.
Le conseil municipal du 11 mai a adopté à l’unanimité les 10 articles d’une délibération dont le rassemblement de ce soir ; Quels en sont les résultats à ce jour, Monsieur le Maire ? Toujours est-il que cela ne suffit pas.
A nos yeux, le comité de défense et d’action clichois, ouvert à tous, doit gagner en force pour susciter, animer et coordonner les démarches et les actions populaires.
Aucune initiative individuelle ou collective n’est à négliger. La bataille sera certes rude.
Mais si nous nous y mettons tous, si nous nous rapprochons des gens et des élus des villes voisines, si nous nous engageons à fond les uns et les autres, nous les ferons reculer. Tout, vraiment tout, dépend de nous.
Ne cédons pas aux capitulards. « Ce que la vie m’a révélé », disait Jean Jaurès, « ce n’est point l’idée socialiste, c’est la nécessité du combat.»
Du combat jusqu’au bout pur ensemble sauver Beaujon et en même temps le droit à la santé pour toutes et pour tous.