La SNCF sur les rails de la logique marchande: LES USAGERS PAIENT LA NOTE

Tous les principes du service public sont bafoués : l’égalité, l’absence de logique lucrative, l’investissement tourné vers la qualité du service, sa fiabilité, la sécurité… Les agents de la SNCF, formés à ses principes, restent le rempart principal à la privatisation. Le gouvernement et la direction de l’entreprise l’ont compris en cassant leur statut, en restreignant leur droit de grève au nom du « service minimum ».
Où va l'argent des voyageurs ?

A l’investissement pour un meilleur service? Non ! Aux cheminots ? Encore moins ! Ils ont déjà perdu 2% de pouvoir d’achat cette année. L’argent va aux profits financiers actuels et futurs ! En 2007, la SNCF a déjà dégagé près d’1 milliard d’euros de bénéfices. Guillaume Pépy, son PDG, a annoncé les objectifs pour 2012 : 50% de croissance du chiffre d’affaires ! Il se flatte que la SNCF dispose de « 3 à 4 milliards pour aller à la conquête de l’Europe et d’entreprises mondiales » dans le cadre de la mise en concurrence généralisée du secteur ferroviaire, avec l’application des directives européennes. Le but est de transformer la SNCF qui appartient à la nation, en une multinationale rapportant le plus haut taux de profit possible et le maximum de dividendes à quelques groupes capitalistes et se disputant avec d’autres groupes comme Véolia ou la Bundesbahn les marchés les plus juteux.

La rentabilité avant l'intérêt général

Dans cette perspective, toutes les activités jugées moins lucratives à court terme, sont de plus en plus délaissées. Les lignes secondaires et régionales, si importantes pour l’aménagement du territoire sont sinistrées au niveau de l’entretien. Les gares secondaires ferment. Des milliers d’emplois qualifiés sont supprimés. Les conditions de travail se dégradent dangereusement et les retards se généralisent. L’Etat se retire massivement du financement des infrastructures. De plus en plus souvent, on fait payer les investissements par les collectivités territoriales, les contribuables régionaux. Ainsi les usagers paient deux fois : en tant que voyageur et en tant que contribuable. La séparation artificielle entre 1996 et 1998 de l’exploitation, laissée à la SNCF, et du réseau confié à la nouvelle entité RFF, Réseau ferré de France, visait déjà à isoler les activités les plus rentables et à renvoyer les investissements lourds vers la collectivité. La même intention préside au démantèlement de l’activité Fret L’augmentation des péages ferroviaires demandés par RFF endetté à la SNCF, (30% du prix des billets), est directement répercutée aussi sur les tarifs.

Introduire la concurrence sur le réseau

La création de RFF a cherché en outre à rendre possible la mise en concurrence, sur les mêmes voies d’exploitants différents, voulue par l’Europe libérale, par le traité de Lisbonne voté par la droite et hélas le parti socialiste. Le Non des français au référendum sur le Traité européen montre l’attachement de notre peuple à ses services publics. Les cheminots luttent pour défendre leur service public. Comme les postiers, les agents de la RATP, les personnels hospitaliers, les enseignants, les personnels de France télévisions. Tous, ils défendent des causes d’intérêt général. Salariés du privé, du public, chômeurs ou retraités, nous sommes tous concernés.

Aux côtés des cheminots

Réagissons ! Ne laissons plus faire ! Faisons monter la pression contre les tarifs injustes de la SNCF ! Défendons nos gares, nos guichets et nos lignes ! Défendons l’unicité du transport ferroviaire, l’intégrité de la SNCF contre les filialisations et les régionalisations ! Soutenons les cheminots ! En France, mettons en échec l’application en 2010 de la directive avec laquelle le gouvernement veut casser le monopole public national (SNCF) conquis en 1936.