Une majorité de Levalloisiennes et de Levalloisiens a, ainsi, durant 3 mandats successifs, soit 18 ans, fait de Parfait JANS leur maire communiste. J’ai vu, après son élection, un jeune maire tout heureux de faire visiter sa ville, au groupe d’amis que nous formions.
Parfait a très vite prouvé qu’il était un élu novateur, au caractère trempé et au cœur ouvert à toutes les bonnes volontés. J’avais entendu le syndicaliste Parfait JANS défendre, dans les années 50, les salariés de l’ex-usine d’automobiles Rosengard. J’avais, plus tard, vu le chauffeur de taxi au volant de sa DS 19. J’écoutais, lors de nos réunions fédérales, le secrétaire de section valoriser l’activité du parti dans sa ville. J’ouvrais bien les oreilles, car Clichy appartenait et appartient toujours à la même circonscription législative.
Les échéances électorales qui ont suivi la conquête municipale de Levallois nous ont permis de nous rapprocher, de coopérer et d’aider à ce que Parfait devienne, durant 4 mandats, notre député commun.
Un député actif, assidu et respecté. Un point d’appui précieux pour les revendications et les luttes. Après Rose GUERIN qui le créa, il dirigea la « Voix nouvelle de Levallois et de Clichy », notre hebdomadaire local, qu’une équipe de dévoués militants de nos deux villes rédigea, diffusa durant des décennies. Par ailleurs, nous avons siégé ensemble, Parfait et moi, de 1976 à 1982, au conseil général des Hauts de Seine.
Il y décortiquait avec brio les budgets départementaux pour fustiger les mauvais choix de la droite, conduite alors par Jacques BAUMEL. De six ans, jour pour jour, son cadet, je dois beaucoup au militant, à l’élu, à l’homme concis, concret, intègre, économe des deniers publics et courageux. Pour lui, les actes devaient toujours suivre les paroles.
« C’est une bonne harmonie » notait Montaigne « quand le dire et le faire vont ensemble ». Parfait conjuguait le travail personnel et l’échange avec son entourage. C’était tout à la fois un piocheur de dossiers et un militant de terrain.
Militer, c’est en effet vibrer pour les mêmes causes et c’est prendre la mesure de l’injustice du monde. Les communistes et les progressistes de Clichy, prennent leur part au chagrin de Pierrette, de sa famille et de tous ceux qui l’ont aimé. « La mort de tout homme me diminue » nous enseigne un Pasteur du 18ème siècle « parce que je suis solidaire du genre humain. »
« L’humain d’abord », l’émancipation des hommes, n’est-ce-pas en définitive le grand et beau combat qu’a mené avec talent, notre camarade et ami Parfait JANS ?
Un beau combat qu’avec les plus jeunes nous continuons contre un capitalisme financiarisé, mondialisé, mais sûrement pas humanisé. Et toutes les croyances erronées qui ont été les nôtres sur le « soviétisme » n’ont en rien délégitimé notre parti-pris pour les exploités et les dominés. Ils n’ont pas entamé « cet espoir à nous faire pleurer de rage ».
Il n’y a pas de « fin » à l’histoire de l’émancipation humaine. Elle est « ce grain d’universel » à l'hurlante actualité. La dernière fois que j’ai vu Parfait JANS, c’était le 4 décembre 1999, quand il vint à Clichy pour l’inauguration du square Rose Guérin qui, libérée des camps nazis, fut de 1945 à 1958 une députée communiste exemplaire.
Ce que je viens de rappeler sur Parfait JANS, chacun le comprendra, a pour moi une force inoubliable.
Aussi, je tiens à renouveler à Pierrette mes sentiments de profonde amitié et d’affectueuse solidarité.
Guy SCHMAUS