L’Arrco compte 18 millions de cotisants (non-cadres et cadres) et verse actuellement des pensions à 11,2 millions de retraités.
L'Agirc regroupe 4 millions de cotisants parmi les cadres et 2,6 millions de pensionnés. Particularité des deux régimes: ils sont gérés exclusivement par les syndicats et le patronat, représentés à parité.
Les déficits de l'Agirc et de l'Arrco n'étant statutairement pas autorisés et l'équilibre étant obligatoire, ces régimes doivent puiser dans leurs réserves pour revenir à l'équilibre. Si rien n'est fait, celles-ci seront épuisées en 2017 pour l'Agirc et 2020 pour l'Arrco. Le gel des pensions pendant trois ans, calculé en fonction des prévisions économiques les plus pessimistes pour la France (celles de la Commission européenne) rapporterait à lui seul, selon le patronat, 4,20 milliards d'euros en cumulé d'ici à 2017. La sous-indexation (revalorisation en fonction de l'inflation, moins un point) pendant cinq ans rapporterait 3,89 milliards. Des économies seraient aussi réalisées, notamment sur les pensions de reversion (390 millions) et surtout sur les personnes qui, bien qu'ayant toutes leurs annuités, partiraient à la retraite avant la tranche d'âge 65-67 ans. Ces personnes verraient leur pension ponctionnées de 10% avec un gain estimé pour les régimes complémentaires de 1,11 milliard.
Enfin la mensualisation des cotisations patronales apporteraient (en une fois) près de 10 milliards.
"Nouveau modèle"
Selon Jean-François Pillard, chef de la délégation patronale, "dans un premier temps pour assurer la pérennité des régimes, il faut trouver au minimum 6 milliards d'euros et idéalement 10 milliards". Les "mesures conservatoires" souhaitées par le Medef doivent être prises pour la fin février, la revalorisation des pensions étant effectuée en avril.
Pour la suite, et en tenant compte des mesures sur les retraites qui seront prises en 2013 par le gouvernement sur le régime général, le Medef souhaite engager avec les syndicats une réflexion sur un "nouveau modèle de retraite complémentaire".
Les réactions syndicales
La CGT a qualifié ces mesures de "régressives".
Sa délégation a quitté la séance avant la fin pour aller consulter les instances dirigeantes de la confédération. "On ne peut accepter ces mesures telles qu'elles ont été mises sur la table", a déclaré Eric Aubin, qui menait la délégation cégétiste.
Pour Jean-Louis Malys (CFDT), les dispositions proposées sont "déséquilibrées", parce qu'elles "portent de la même manière sur tous les retraités, sans tenir compte des plus modestes." Pour Philippe Pihet (FO), "les efforts à faire sont conséquents et doivent être répartis sur les trois familles, les salariés, les pensionnés et les employeurs".