Aussi, je m ‘étonne que des élus aussi avisés que Bertrand Delanoé, Maire de Paris et Jean-Paul Huchon, président de la région Ile de France s’insurgent aujourd’hui contre le projet de loi, alors que les idées figuraient toutes dans le discours de Nicolas Sarkozy du 29 avril dernier.

Ce jour-là, le chef de l’état avait simplement eu la malice de placer son projet sous le parrainage de dix architectes renommés, en qualifiant mensongèrement l’architecture d’être, a-t-il dit : « au cœur de nos choix politiques », tandis que l’architecture, si importante soit-elle, n’est qu’un des moyens de mettre en œuvre une stratégie politique.

Il serait bon que le conseil municipal de Clichy adopte un voeu commun pour susciter un débat populaire et transparent. Le Grand Paris n’est-il pas avant tout leur affaire ? Ses enjeux, sont, en effet leurs emplois, ceux de leurs enfants, leurs salaires, leurs logements, leurs équipements, leurs déplacements, la qualité de leur air etc.., pour les décennies à venir !

N’ayons pas peur des mots : deux logiques s’affrontent sur le Grand Paris:



· celle du MEDEF et des spéculateurs.
· Et celle de ses créateurs et de ses acteurs

Qui gagnera ? pour le moment, la droite et le MEDEF sont à l’offensive, mais, si les Franciliens et , pour nous, les clichois, se rassemblent et agissent. Ce sont eux, nous, qui auront le dernier mot.

S’agissant de votre vœu, il est certes, hostile au projet Sarkozien, mais il est trop technique et insuffisamment politique. 1) Pourquoi ne situe-t-il pas le Grand Paris dans la concurrence sans pitié entre les puissances financières du monde ?
2) Pourquoi « se réjouir » de l’attention de l’état pour l’avenir de la région capitale. Ne serait-il pas plus juste de critiquer son désintérêt depuis tant d’années, notamment pour les transports ou pour les lycées, cédés à la région dans un état déplorable.
3) Il est en outre inexact d’affirmer que la désaturation de la ligne 13 du métro résultera du seul prolongement de la ligne 14. Nous faisons de la modification de cette phrase la condition de notre vote sur ce vœu. Le chef de l’état, ayant lui-même reconnu dans son discours déjà cité, qu’il faut d’un côté, désaturer la ligne 13, et d’un autre côté, prolonger la ligne 14. D’ailleurs, si le trafic continue d’augmenter comme actuellement, nous risquons de gros déboires dans moins de10 ans.
4) Le projet de loi reste « très flou » , écrivez-vous, sur les périmètres opérationnels. Or, Nicolas Sarkozy a, le 29 avril, été très précis, sur les surfaces à exproprier : « En recensant toutes les superficies disponibles, on relève, » dit-il, « en préservant les surfaces rurales, une offre de 200 km², soit 2 fois la superficie de Paris intra-muros. » C’est dire que le chef de l’état vise une mainmise totale sur tous les terrains publics.
5) Nous regrettons que le vœu ne fasse aucune référence, ni à la privatisation de la poste, ni à l’inquiétante restructuration des établissements de Santé publique, dont l’hôpital Beaujon. Les médecins de l’hôpital clichois craignent la suppression des urgences de nuit et la disparition de plusieurs services dont celui de cardiologie.
6) Enfin, nous croyons indispensable que le vœu prévoit des financements par un prélèvement sur une partie des plus values réalisées par les banques et les entreprises.

Telles sont les six objections, remarques et propositions que nous voulions vous soumettre, Monsieur le Maire et chers collègues.



Sur une chaîne publique, j’ai récemment regardé avec émotion, le philosophe Jacques Derrida, regretter d’être trop vieux pour connaître le 21ème siècle, car il voyait dans la mondialisation un beau défi pour les hommes de la planète entière.

Cette réflexion ne porte-t-elle pas une sacrée dose d’espoir ! D’espoir que nous devrons nourrir par un grand et beau pari.