La durée de scolarisation hebdomadaire pour tous a été amputée de deux heures. Les programmes ne proposent pas aux enfants d’entrer dans une culture cohérente : ils accumulent les apprentissages déconnectés les uns des autres et parfois inaccessibles pour la majorité de la population scolaire.
Toutes ces réformes vont dans le même sens : la démocratisation scolaire n’est pas à l’ordre du jour. Loin de vouloir lutter contre l’échec scolaire, la droite veut trier les enfants dès le plus jeune âge pour que les parents intègrent très tôt que leur enfant n’est pas dans la norme scolaire et ne pourra sans doute pas réussir.
Ces mesures s’inscrivent dans une logique de culpabilisation des enfants et de leurs familles : criminalisation des difficultés sociales et psychiques, médicalisation des difficultés scolaires…
En faisant comme si les difficultés scolaires et les inégalités d’apprentissage étaient naturelles, la proposition de la droite nie tout projet éducatif.
Si l’avenir des enfants peut être prédit dès le plus jeune âge, alors à quoi sert l’école ? Tous les enfants sont capables d’apprendre : c’est plus qu’un principe, un acquis de la recherche. La maternelle, parce qu’elle est la première école, doit leur donner à tous les moyens d’entrer dans les apprentissages. On ne naît pas élève, on le devient !
L’école maternelle est une étape fondatrice, essentielle pour la suite de la scolarité des enfants et leur devenir. Il est urgent de la démocratiser !
Il faut créer les conditions d’un véritable enseignement en réduisant le nombre d’élèves par classe, en offrant aux enseignants une formation de qualité, en définissant des programmes qui permettent à tous les enfants une ouverture culturelle et en prenant en compte les recherches universitaires et pédagogiques.
Garantissons le droit à la scolarité dès deux ans pour les familles qui le souhaitent.
Il faut changer le regard porté sur les élèves issus des classes populaires. Ils ne sont ni malades, ni handicapés.
L’école doit, au sein de la classe, prendre en compte les différences entre les élèves, non pour les stigmatiser mais pour les accompagner. Il n’y a pas de fatalité.
Il faut transformer notre conception de l’école. La mission de l’école maternelle est de permettre le passage de l’enfant à l’élève, l’entrée dans un nouveau rapport au monde qui exige du temps, de la confiance en soi, le droit à l’erreur.
Évaluer n’est pas contrôler, mais donner valeur aux réussites, aux avancées de chacun.